Paris : Quand la rue se fait entendre – Black Lines et les Gilets Jaunes

Streetart-mural. On a length of 10 meters the french artist Vince realized a hand holding a huge sign. On it written stands: Auto-Censure.

Le mouvement des Gilets Jaunes a un fort besoin de s’exprimer. Qu’il s’agisse de manifestations avec des signes et des déguisements colorés – ou encore de tags sur les murs. La scène graffiti profite bien sûr de l’occasion pour se faire entendre dans la rue, et c’est ainsi que divers artistes se sont rencontrés dans la communauté Black Lines pour créer des murs socialement critiques dans le contexte des gilets jaunes. Le jam-graffiti a eu lieu en mai sur la rue Ordener dans le 18e arrondissement au nord de Paris.

Au début de l’année, Black Lines avait déjà sorti un premier mur avec différents artistes. A cette époque, le thème principal était “hiver jaune”. Cependant, l’administration du 19e arrondissement a réagi rapidement et a fait repeindre le mur en gris. La fresque montrant le boxeur Christophe Dettinger, réalisée par l’artiste Skalp, est l’un des tableaux qui a suscité la controverse à l’époque. Dettinger avait repoussé la police sur un pont à Paris avec des coups de poing.

Est-ce qu’il y a une sorte de complot ici ? Les Black Lines se rencontrent à nouveau à l’Ordener.

L’action de la ville est cependant perçue par les artistes comme une censure. Il est clair que les artistes ne toléreront pas cela – et c’est la voie à suivre pour le prochain tour. Dans la fresque de Monsieur Plume /RC/OTM, des personnages recouverts de noir se rassemblent autour d’une table sur laquelle se trouve un livre rouge qu’une personne semble tenter de prendre. Le regroupement des figures masquées noires donne l’impression qu’une conspiration est en cours. À gauche, une bombe à aérosol isolée sur la table, à droite un homme masqué avec une batte est assis à côté d’une personne debout qui prend le plancher. On ne sait pas de quoi ces gens discutent. En revanche, le thème principal de la Black Lines Edition se distingue clairement : la censure et la liberté d’expression. Également présents : Slyz, bricedu, Torpe et Vince.

La Violence

Les graffeurs sortent les bombes – l’état sort le Karcher.”

La violence récurrente est un grand sujet parmi les militants de ce mouvement social. L’artiste Slyze (à droite) s’y réfère avec sa création, une photo d’après Bsaz. La photo montre un policier qui semble avoir frappé un manifestant avec un gourdin. “Résistance” est écrit sur son dos. La banderole rouge en arrière-plan, qui s’élève devant des nuages noirs de fumée, dit : “Les tagueurs sortent les bombes de peinture” – Un appel à tremper la ville dans la peinture et à désobéir ? En combinaison avec l’acte de violence dans l’image, l’allusion au dispositif de nettoyage à haute pression peut sembler déconcertant.

Le fait est que des équipes de nettoyage se chargent du nettoyage dans les heures qui suivent les grandes manifestations. Comme ce fut le cas le 1er mai, lorsque des cartouches de grenades vides des Flashbangs (GLI-F4) des cartouches de gaz lacrymogène, ainsi que des balles en caoutchouc, ont été nettoyées en tout premier. Viennent ensuite les transporteurs dans lesquels les montagnes de déchets sont ramassées. Le lendemain, les premiers taggs disparaissent des murs et des paravents en bois des magasins et forment des motifs patchwork dans la façade. Certaines rues sont maintenues si propres qu’après quelques jours, toute trace d’appropriation de l’espace disparaît. Urbanauth a pu voir le Kärcher en action le dimanche après le 16 mars, lorsque des convois de nettoyeurs ont tenté de réparer les dégâts aux Champs-Elysées à l’hâte.

La photo de gauche représente Marianne, conçue par l’artiste Torpe. La Marianne est une figure symbolique de la Révolution française. Son visage sinistre, le drapeau français dans une main et un fusil dans l’autre, elle se retrouve entourée de journalistes. Ils l’harcelènt de questions : “C’est actes violence, les condamnez-vous ? “Les autorités, les condamnent-vous ?” “Condamnez la violence”.

Ce travail sociocritique peut être compris comme une représentation de la pression publique sur les manifestants. Marianne, qui aime la liberté, se retrouve tourmentée et doit se justifier auprès de la presse pour cette violence. Ainsi, selon elle, la violence la plus grave vient de l’État même, sous forme de violence physique : pendant les manifestations ou dans les banlieues, mais aussi sous forme psychologique : Comme la réduction des prestations de sécurité sociale et des retraites ou la fermeture de lieux publics et le sentiment de ne pas être entendu par les hommes politiques.

Les médias

Autocensure – en extra large – pour que personne ne puisse l’ignorer

Dans le chef-d’œuvre du sprayeur parisien Vince, deux mains tiennent un panneau rouge d’une longueur de dix mètres sur lequel est écrit “autocensure”. La phrase ci-dessous dite : “Cette fois, l’administration municipale ne la fera pas disparaître…” qui fait allusion à l’administration municipale qui a repeint le mur en gris après la dernière réunion de Black Lines. En bas dans le coin droit, le graffeur a écrit dans un ton sarcastique : “Enrichi par le contrôle social”.
Dans la série d’images, nous pouvons voir la teille complète de la fresque. En haut, il est précisé : “Sans l’effet Barbara Streisand – c’est garanti”. L’effet Barbara Streisand est une information indésirable, dont les tentatives de dissimulation ne font que rendre l’information d’autant plus connue. Cet effet n’est pas nécessaire pour cette œuvre d’art, car les passants réagissent tous sauf indifférents. Ils profitent de l’occasion pour se prendre en photo d’eux avec “l’autocensure”.

Le comportement des médias à l’égard du mouvement social est également fortement critiqué. Alors que les émeutes contre les policiers tendent à être au centre de l’attention des médias, les actes de violence contre les manifestants sont beaucoup moins abordés. Le journaliste indépendant David Dufresne recueille des témoignages et du matériel vidéo sur la violence policière depuis le début du mouvement Gilets-Jaunes. Il a recensé 803 violations fin mai. Le nombre de blessés depuis novembre dépasse désormais la barre des 2000.

Une femme passe devant le Graffiti-Wall de la rue Ordener dans le XVIIIème arrondissement de Paris.

“Les Medias vivent quand la rue meurt. C’est une info, pas une rumeur!”

La femme sur la photo – où va-t-elle en ce moment ? – passe devant un téléviseur. Une minuterie indique les chiffres 13:12, tandis que les fils électriques à côté du bol mènent aux barres de dynamite. L’appareil contient trois carottes avec des plaques identificatoires en dessous : Une est dédiée à TF1, qui appartient au groupe Bouygues, une à CNEWS, qui est liée au groupe Bolloré, et la dernière à BFM(-TV). Ces trois chaînes de télévision appartiennent à des investisseurs privés. Parmi eux, la crème de la crème de l’élite économique française : Vincent Bolloré, Martin Bouygues….

Ce n’est pas pour rien qu’une inscription en haut de la page dit : “Les médias vivent quand la rue meurt. C’est de l’information. Pas de rumeur !” Car si les samedis des émeutes du 1er, 8 décembre 2018 et 16 mars 2019, les chiffres d’audience des chaînes de télévision ont franchi le plafond et que les présentateurs se sont échauffés, il faut noter que tous les médias ne sont pas détestés. En effet, les Gilets Jaunes respectent les journalistes indépendants intimidés par l’État. Nous en avons fait rapport.

Qu’adviendra-t-il de la liberté d’expression et de la liberté de la presse ?

Le panneau “Place à la liberté d’expression” est entouré de barbelés sur l’image de gauche. Deux caméras de surveillance montrent symboliquement la surveillance croissante, tandis qu’un petit ours souriant de façon espiègle est assis sous le panneau et tient une grenade dans sa main. En tant que spectateur, on est tenté de se poser la question de savoir quand la grenade pourrait exploser.

La guillotine, une invention de la Révolution française, est une hache avec laquelle le roi Louis XVI fut décapité. Sur l’image de gauche, il est pointé vers un crayon portant le nom de l’association organisatrice. Alors que le premier graffiti a été peint en gris par l’administration municipale sous la devise “Hiver Jaune“, le dernier graffiti a été consacré à la liberté d’expression.

Les artistes ont été attaqués en leur honneur – mais l’insatisfaction n’est pas seulement remarquée de la part de la scène graffiti. Dans une lettre ouverte début mai, le collectif YellowSubmarine a appelé à la solidarité avec les mouvements de protestation sociale et à ne pas détourner le regard aux actes de violence. Le collectif est composé d’artistes de diverses disciplines. Leur pétition compte désormais plus de 26 000 signatures.

Quelqu’un est bien en colère. 600 millilitres de jaune plein dans la figure.

Et même l’artiste, qui est probablement Koz1, semble avoir perdu patience avec l’État. Dans des vêtements hip-hop, son singe en colère fourre dans la bouche d’un président caricaturé une bombe de 600 millilitres – bien sûr en jaune fluo. Le graffiti “GJ” à l’arrière-plan, les initiales du mouvement. Sur la cravate détachée de l’homme d’État maltraité : “L’art est public. En marche arrière.” Cette dernière phrase contraste avec le nom du parti au pouvoir : “La République en marche” (/LREM). Une déclaration qui pourrait être liée à des mesures de réduction budgétaire dans les domaines de l’éducation et de la culture, ainsi qu’à une dégradation perçue des conditions de travail.

Mais…

…quelqu’un a encore un mot de plus à taguer

Graffiti ? Gilets jaunes ? – Okay

Mais ici ? – Mauvaise adresse

TPK, entre autres connu sous le nom de The Poor Kids – l’une des crews de graffiti les plus célèbres de la capitale française, n’était pas entièrement d’accord avec Black Lines. Les membres de cette équipe : Relax, Craze, Eby, Keas, Keas, Blod, eyome, Knyze, dkc l’ont montré quelques jours après l’événement. Le Hall of Fame de la rue Ordener est connu pour appartenir aux equipes de taguers établies depuis longtemps. Les blanc-becs et les étrangers ne sont pas bien vus. Même si la scène graffiti est proche du mouvement Gilets-Jaunes car la foule imprévisible cache les tagueurs. Et même si la ville devient pour eux un terrain de jeu le samedi, les murs de la rue Ordener sont d’une grande importance pour ces équipes établies. Correspondant au sujet la première image montre une œuvre peinte en jaune et dans un style bouillonné. Le message dit : “La révolution est la révélation à l’horizon”.

Dans la deuxième image, la déclaration de l’artiste Adam Yuul a également été épargnée. En rouge, il met en garde contre trois épidémies : Castagnitis, Rugyole et Pénicose. La première fait référence à Christophe Castagner, ministre de l’Intérieur et chef du parti LREM, et les deux autres au ministre de l’Environnement, François de Rugy, et Muriel Pénicaud, ministre du Travail. En rapport avec les revendications :
L’Intérieur – qui évoque la violence policière, les détentions provisoires.
L’écologie – que Macron a promue sans succès dans son programme électoral.
Le travail – l’un des motifs fondamentaux de la création des Gilets Jaunes est la baisse du pouvoir d’achat ainsi que les salaires et les grandes différences structurelles dans le pays.
La fresque peut être comprise comme une critique de l’orientation économique néolibérale du parti au pouvoir. Pour cette raison, l’artiste prévient finalement de ne pas quitter la maison sans la veste jaune.

L’article est disponible en anglais et allemand. Les images ont été prises par Urbanauth.

Paris: Is the freedom of press at risk ?

Paris: Is freedom of the press in danger ?

The gendarmerie is preparing for its deployment. Act 23, Paris / Boulevard Richard Lenoir

The ongoing protests of the Gilets Jaunes are putting the French government under increasing pressure. After the announcement of a first ultimatum (Act 18 / 16 March) to President Macron, violent riots were already foreseeable weeks before. But another temporary climax of the escalation in France’s heated political climate was reached on April 20 (Act 23). The French leadership under Macron, which since December not only prevents participants of the Gilets Jaunes protests from entering the capital Paris, but also arrests them – with partly grotesque reasons.

Journalists are also increasingly being targeted by the state. What is striking here is that police attacks taking place on independent journalists.

A particularly critical stage was reached during the 23rd act of the Yellow Vests, when seven journalists in Toulouse and about twelve others in Paris were prevented from their work. While water cannons or flashball cannons were targeted at press people, fragments of dispersion grenades and baton blows also hit the independent reporters. Most spectacular, however, were the temporary detentions of two journalists: Alexis Kraland and Gaspard Glanz.


Can still smile for a photo with policemen. A little boy during Act 4 (8 December) in Paris.


When the police knows you by your first name

Hello Gaspard“, the Commissioner greeted the journalist Gaspard Glanz this Saturday on the square of the République in the north of Paris.

A short time later, the founder of Taranis News gets a grenade thrown at him which burns his trouser leg.

Angrily, he runs towards the group of policemen and asks the commissioner to speak. In the following scenario a policeman becomes violent towards him and pushes him backwards. He then shows him the stinky finger and is taken into custody by four policemen. The arrest, which was filmed by Hors Zone Press, ends with the policemen beating around themselves with their batons, dissolving the rest of the gathering of journalists around the action.

The Gaspard Glanz case needs special attention. Recognised in the industry as a video journalist, he has been documenting social movements in France for some time and regularly attends various demonstrations. With his production company Taranis News, he became known for his reporting during the Labour Laws, Notre Dames of the country and a report on the “Jungel of Calais”. His reportage traded him various entries in identification files, such as the “Fiche S” (State Security) and “Fiche J” (State wanted). However, he is not sought by the state, but continues to function in this file, despite a request to remove this marking.


We were there when the release of the video journalist Gaspard Glanz was demanded in front of the commissariat of the 12th arrondissement in Paris.


A birthday in the jail cell for… ?

A fame that earned him a deprivation of liberty of over 48 hours and a birthday in the prison cell. On Monday 22.04.2019 a handful of journalists and private persons demonstrated for his release in front of the commissariat of the 12th arrondissement in Paris. We were there. Under condition he was released in the evening: Prohibition to appear and film in Paris on 1 May and Saturdays. On Monday 29.04.2019, however, this ban was successfully challenged in court by his lawyers. However, in some other European countries it would be unthinkable to impose a ban on the reporting of demonstrations.

The basis for his arrest is the law paragraph “disregard of persons with public authority” as well as “participation in a grouping for the commission of criminal offences or degradations”. While there is nothing to add to the first, the last accusation raises considerable questions.


Journalists in the crossfire of authoritarian laws?


Raphael Kempf, one of Gaspard Glanz’s lawyers, points out in his interview with Revue Ballast that legislation in France in recent years has not only damaged the right to demonstrate. Journalists, too, feel the interpretation of the law against its original purpose.

In 2010 under Sarkozy, Article 222-14-2 was included in the Code of Criminal Procedure. This prohibits participation in a group for the commission of criminal offences. Originally conceived in the context of the riots in the banlieues, it was intended to prevent the gathering of juveniles who could possibly cause riots.

The paragraph is strongly reminiscent of the film “Minority Report”, in which people are sentenced on the basis of a prediction and stands in direct contrast to the presumption of innocence:

“Every defendant is considered innocent until proven guilty by law.”


(Article 48, Charter of Fundamental Rights of the European Union)

Nine years later, it is this paragraph that brings Gaspard brilliance to the prison collection site. And incidentally, it is used against a large number of Yellow Vest demonstrators to prevent them from exercising their right to demonstrate. This is usually done in combination with people checks and is imposed when suspicious objects are found. These can include ski goggles, helmets and respirators. Usually the same pattern is followed. A suspicious object is found which gives the reason to take the person into custody. 24 hours later, after the demonstration is over, they are released.


Disguised as a warning sign, a demonstrator points to the police violence.


The anti-riot law also affects the press


The law against troublemakers, popularly known as the “Loi Anti-Casseur“, was passed by the French state on 10 April 2019 after the violent riots in the context of the Yellow Vest movement.

The aim is to prohibit people from entering a defined area if they refuse to carry out physical checks or if they are in possession of objects that can per se be regarded as potential weapons. A card index will also be created for persons who are subject to a ban on demonstrations. This is limited to a clearly defined area, but can be very annoying for the persons. For example, Gaspard Glanz had to leave Paris for Act 24 (27 April 2019) at its own expense, threatening further consequences in the event of non-compliance. However, the ban on taking part in a demonstration and the ban on wearing a mask must also be viewed critically. While the use of rubber bullets is prohibited in other EU countries, and dispersion grenades are only used in extremely dangerous situations, they have become part of everyday life in France. Protective helmets and breathing masks, which protect the demonstrators from the worst effects, are thus criminalised. A situation that also affects journalists who need this equipment to protect their health.

If your camera is seen as a weapon

A freelance journalist films with his camera during the Ultimatum 1 (Act 18) of the Yellow Vest in Paris at the Champs-Elysée. The background shows a day on a wooden wall. It is written on it: “End of the world, end of the month. The same culprits, the same fight.”

Alexis Kraland, journalist from Paris, followed the yellow vests on the same Saturday to the subway station of the Gare du Nord, the northern station of Paris. There he was surrounded by policemen and asked to hand over his camera. When he refused, they pressed him against the wall and handcuffed him. When asked why the police wanted his camera, they replied that they were acting on behalf of the prosecution and that the camera could be a weapon. A policeman hit him on the hand with which he was holding his equipment. After the police threatened to confiscate the equipment of the surrounding photographers, they left the scene.

Afterwards his bag was searched where the police found remains of cannabis in his grinder. First, the police said the reason for Alexis Kraland’s arrest was rebellion against surrendering his camera. At the police station the reason was changed to “possession of narcotics”. Apparently neither of the two reasons was accepted by the prosecutor’s office, because at CheckNews/Liberation’s request the Paris prosecutor’s office stated that the reason was “participation in a group with regard to violence or humiliation”. After eight hours in custody Kraland was released, but his protective equipment had previously been destroyed by the police.


Is freedom of the press under threat in France?

If you look at the order to Glanz which prohibited him from filming in Paris on Saturdays, it is questionable what a stinky finger has to do with documenting public protest movements. Currently, the French government does not seem to tolerate independent reporting.

The Yellow Vest movement, which has grown into a serious social movement, seems to be the result of the policies of recent decades in France: a powerless lower class that fights persistently and with anger against a repressive leadership style that promotes the elites.

Whether the popularity of the neoliberal Macron will increase if he now makes the independent press his enemy ? Social media even make comparisons with autocratic systems.

In any case, the question is slowly emerging as to whether the freedom of the press is still valid in France or whether it is already acutely endangered. At any rate, destroying the protective equipment of rapporteurs and detaining journalists for hours without good reason are indicators of a dwindling right to free reporting.

Paris: Ist die Pressefreiheit in Gefahr ?

Journalisten haben es nicht leicht. Oft stehen sie in der Mitte des Geschehens, um für die breite Öffentlichkeit Photo- und Videomaterial aufzunehmen.
Die Gendarmerie bereitet sich auf ihren Einsatz vor. Akt 23, Paris / Boulevard Richard Lenoir

Die andauernden Proteste der Gilets Jaunes setzen die französische Regierung zunehmend unter Druck. Nach der Ankündigung eines ersten Ultimatums (Akt 18 / 16.März) an den Präsidenten Macron, waren gewaltsame Ausschreitungen bereits Wochen zuvor absehbar. Doch ein weiterer vorläufiger Höhepunkt der Eskalation in Frankreichs hitzigem politischen Klima wurde am 20.April (Akt 23) erreicht. Die französische Führung unter Macron, welche seit Dezember Teilnehmer an den Gilets Jaunes-Protesten nicht nur am Einreisen in die Landeshauptstadt Paris hindert, sondern diese auch – mit zum Teil grotesken Begründungen – verhaftet.

Auch Journalisten geraten vermehrt in das Visier des Staates. Auffällig dabei ist, dass immer wieder Übergriffe der Polizei auf unabhängige Journalisten stattfinden.

Eine besonders kritische Etappe wurde dabei während dem 23. Akt der Gelben Westen erreicht, als sieben Journalisten in Toulouse, sowie ungefähr zwölf Weitere in Paris an ihrer Arbeit gehindert wurden. Während Wasserwerfer oder Flashballwerfer gezielt auf Presseleute gerichtet wurden, trafen auch Splitter von Dispersionsgranaten und Schlagstockhiebe die unabhängigen Berichterstatter. Am aufsehenerregendsten waren jedoch die temporären Inhaftierungen zweier Journalisten: Alexis Kraland und Gaspard Glanz.

Kann noch für ein Foto mit Polizisten lächeln. Ein kleiner Junge während dem Akt 4 (8.Dezember) in Paris.

Wenn die Polizei dich beim Vornamen kennt

„Hallo Gaspard“, grüßte der Kommissar den Journalisten Gaspard Glanz an diesem Samstag auf dem Platz der République im Norden von Paris.

Kurze Zeit später bekommt der Gründer von Taranis News eine Granate ans Bein geworfen, welche sein Hosenbein anbrennt.

Wütend läuft dieser auf die Gruppe von Polizisten zu und fordert den Kommissar zu sprechen. Im folgenden Szenario wird ein Polizist ihm gegenüber handgreiflich und schubst ihn nach hinten. Daraufhin zeigt er diesem den Stinkefinger und wird kurz darauf von vier Polizisten gewaltsam in Gewahrsam genommen. Die Festnahme welche von Hors Zone Press gefilmt wurde, endet damit, dass die Polizisten mit ihren Schlagstöcken um sich schlagend, die restliche Versammlung der Journalisten um das Geschehen herum auflösen.


Der Fall Gaspard Glanz bedarf dabei besondere Aufmerksamkeit. In der Branche anerkannt als Video-Journalist dokumentiert er seit längerem Sozialbewegungen in Frankreich und ist regelmäßig auf verschiedenen Demonstrationen anwesend. Mit seiner Produktionsfirma Taranis News wurde er durch seine Berichterstattung während den Arbeitsgesetzten, Notre Dames des Landes und einer Reportage über den “Jungel von Calais” bekannt. Seine Reportage handelten ihm diverse Einträge in erkennungsdienstliche Karteien, wie dem “Fiche S” (Staatssicherheit) und “Fiche J” (Staatliche gesucht) ein. Jedoch ist er nicht staatlich gesucht, sondern fungiert nach wie vor in dieser Kartei, trotz einem Antrag zur Aufhebung dieser Kennzeichnung.

Wir waren vor Ort, als vor dem Kommissariat des 12. Arrondissements in Paris die Freilassung des Video-Journalisten Gaspard Glanz gefordert wurde.

Ein Geburtstag in der Zelle für… ?

Eine Bekanntheit welche ihm eine Freiheitsberaubung von über 48 Stunden und einen Geburtstag in der Gefängniszelle einhandelte. Am Montag den 22.04.2019 demonstrierten deswegen eine Handvoll von Journalisten, sowie Privatpersonen für seine Freilassung vor dem Kommissariat des 12. Arrondissements in Paris. Wir waren vor Ort. Unter Auflage wurde er am Abend freigelassen: Verbot am 1. Mai, sowie an Samstagen in Paris zu erscheinen und zu filmen. Am Montag den 29.04.2019 wurde dieses Verbot jedoch vor Gericht durch seine Anwälte erfolgreich angefochten. Doch allein das Aussprechen eines Bericht-Verbots über Demonstrationen ist in einigen anderen europäischen Ländern undenkbar.

Die Grundlage für seine Festnahme ist dabei der Gesetzesparagraph “Missachtung von Personen, die über öffentliche Autorität verfügen”, sowie “Teilnahme an einer Gruppierung zur Begehung von Straftaten oder Degradierungen”. Während es zu dem Ersten nichts hinzuzufügen gibt, wirft der letzte Vorwurf beträchtliche Fragen auf.

Journalisten im Kreuzfeuer autoritärer Gesetze?

Raphael Kempf, einer der Anwälte von Gaspard Glanz, weist in seinem Interview mit der Revue Ballast darauf hin, dass die Gesetzgebung in Frankreich in den letzten Jahre nicht nur dem Demonstrationsrecht geschadet hat. Auch Journalisten bekommen die Rechtsauslegung gegen ihren ursprünglichen Zweck zu spüren.

Im Jahr 2010 unter Sarkozy wurde der Article 222-14-2 in die Strafprozessordnung aufgenommen. Dieser verbietet die Teilnahme an einer Gruppierung zur Begehung von Straftaten. Ursprünglich im Kontext der Ausschreitungen in den Banlieues erdacht, sollte dieser das Zusammenkommen von Jugendlichen verhindern, welche möglicherweise Krawalle verursachen könnten.
Der Paragraph erinnert dabei stark an den Film “Minority Report”, in welchem anhand einer Vorhersage Menschen verurteilt werden und steht in einem direkten Gegensatz zur Unschuldsvermutung:

“Jeder Angeklagte gilt bis zum rechtsförmlich erbrachten Beweis seiner Schuld als unschuldig”


(Artikel 48, Charta der Grundrechte der Europäischen Union)

Neun Jahre später ist es dieser Paragraph, welcher Gaspard Glanz in die Gefangenensammelstelle führt. Und nebenbei gegen eine große Anzahl an Demonstranten der Gelb-Westen Bewegung angewendet wird, um zu verhindern, dass diese ihr Demonstrationsrecht wahrnehmen können. In der Regel passiert dies in der Kombination mit Personenkontrollen und wird verhängt, wenn verdächtige Gegenstände vorgefunden werden. Als diese können bereits Skibrillen, Helme und Atemschutzmasken gelten. Dabei wird normalerweise ein und dem selben Muster gefolgt. Ein verdächtiger Gegenstand wird vorgefunden, welcher den Grund gibt, die Person in Gewahrsam zu nehmen. 24 Stunden später, nachdem die Demonstration zu Ende ist, werden diese dann wieder freigelassen.

Als Warnschild verkleidet, weist ein Demonstrant auf die Polizeigewalt hin.

Auch das Anti-Krawall Gesetz betrifft die Presse

Das Gesetz gegen Unruhestifter, im Volksmund unter dem Namen „Loi Anti-Casseur“ bekannt, wurde nach den gewaltsamen Ausschreitungen im Kontext der Gelb-Westen-Bewegung vom französischen Staat am 10. April 2019 verabschiedet.

So soll Personen der Zugang zu einem definierten Raum verboten werden, falls diese sich einer Körperkontrolle verweigern oder im Besitz von Gegenständen sind, welche per se als potenzielle Waffen betrachtet werden können. Es wird außerdem eine Kartei angelegt für Personen, welche einem Demonstrationsverbot unterliegen. Dies ist dabei nur auf ein klar definiertes Gebiet eingeschränkt, kann jedoch für die Personen sehr ärgerlich sein. So musste zum Beispiel Gaspard Glanz für den Akt 24 (27. April 2019) auf eigene Kosten Paris verlassen, unter Drohung von weiteren Konsequenzen im Falle eines Nichtbeachtens. Doch auch das Verbot an einer Demonstration teilzunehmen, sowie das Vermummungsverbot ist kritisch zu betrachten. Denn während in anderen EU-Ländern die Benutzung von Gummigeschossen verboten ist, sowie Dispersionsgranaten nur bei äußerst gefährlichen Situationen angewendet werden, so sind sie in Frankreich zum Alltag geworden. Schutzhelme und Atemschutzmasken, welche die Demonstranten vor den schlimmsten Auswirkungen schützen, werden damit kriminalisiert. Ein Sachverhalt der auch Journalisten trifft, welche diese Ausrüstungen zum Schutz ihrer Gesundheit benötigen.

Wenn deine Kamera als Waffe angesehen wird

Ein freier Journalist filmt mit seiner Kamera, während dem Ultimatum 1 (Akt 18) der Gelb-Westen in Paris an den Champs-Elysée. Im Hintergrund ist ein Tag auf einer Holzwand zu sehen. Darauf geschrieben steht: “Ende der Welt, Ende des Monats. Die selben Schuldigen, der selbe Kampf.”

Alexis Kraland, Journalist aus Paris, folgte den Gelbwesten am selben Samstag in die U-Bahn Station der Gare du Nord, dem Nordbahnhof von Paris. Dort wurde er von Polizisten umringt und dazu aufgefordert seine Kamera auszuhändigen. Als er sich weigerte, pressten sie ihn gegen die Wand und legten ihm Handfesseln an. Auf Nachfrage, warum die Polizei denn seine Kamera haben möchte, antworteten diese, dass sie im Auftrag der Staatsanwaltschaft handeln und die Kamera eine Waffe darstellen könnte. Ein Polizist schlug ihm auf die Hand, mit der er seine Ausrüstung festhielt. Nach Drohung der Polizei auch die Ausrüstung der umstehenden Fotografen zu beschlagnahmen, verließen diese den Ort des Geschehens.

Anschließend wurde seine Tasche durchsucht, wo die Polizei Reste von Cannabis in seinem Grinder fand. Zuerst sagten die Polizisten der Grund für die Verhaftung Alexis Kralands sei die Rebellion gegen das Herausgeben seiner Kamera. Auf dem Revier wurde die Begründung auf “Besitz von Betäubungsmitteln” geändert. Offenbar wurde keiner der beiden Gründe von der Staatsanwaltschaft akzeptiert, denn auf Nachfrage von CheckNews/Liberation sagte die Pariser Staatsanwaltschaft aus, der Grund sei “Beteiligung an einer Gruppe im Hinblick auf Gewalt oder Erniedrigung”. Nach acht Stunden in Haft wurde Kraland freigelassen, allerdings wurde seine Schutzausrüstung von der Polizei zuvor zerstört.

Ist die Pressefreiheit in Frankreich gefährdet?

Wenn man sich den von der Staatsanwaltschaft verhängten Platzverweis gegen Glanz ansieht, dann ist fraglich was ein Stinkefinger mit dem Dokumentieren öffentlicher Protestbewegungen zu tun hat. Aktuell scheint die französische Regierung keine unabhängige Berichterstattung zu dulden.

Die Bewegung der Gelbwesten, welche zu einer ernst zu nehmenden Gesellschaftsbewegung gewachsen ist, scheint die Folge der Politik der letzten Jahrzehnte in Frankreich zu sein: Eine machtlose Unterschicht, die ausdauernd und mit Wut gegen einen repressiven, die Eliten fördernden Führungsstil kämpft.

Ob sich die Beliebtheit des neoliberalen Macrons steigert, wenn er sich nun auch noch die unabhängige Presse zum Feind macht ? In sozialen Medien werden sogar Vergleiche zu autokratischen Systemen gezogen.

Auf jeden Fall stellt sich langsam die Frage, ob die Pressefreiheit in Frankreich noch seine Gültigkeit besitzt oder ob sie bereits akut gefährdet ist. Die Schutzausrüstungen von Berichterstattern zu zerstören und Journalisten ohne triftigen Grund stundenlang in Gewahrsam zu nehmen, sind jedenfalls Indikatoren für ein Schwinden des Rechts auf freie Berichterstattung.