Paris : Quand la rue se fait entendre – Black Lines et les Gilets Jaunes

Streetart-mural. On a length of 10 meters the french artist Vince realized a hand holding a huge sign. On it written stands: Auto-Censure.

Le mouvement des Gilets Jaunes a un fort besoin de s’exprimer. Qu’il s’agisse de manifestations avec des signes et des déguisements colorés – ou encore de tags sur les murs. La scène graffiti profite bien sûr de l’occasion pour se faire entendre dans la rue, et c’est ainsi que divers artistes se sont rencontrés dans la communauté Black Lines pour créer des murs socialement critiques dans le contexte des gilets jaunes. Le jam-graffiti a eu lieu en mai sur la rue Ordener dans le 18e arrondissement au nord de Paris.

Au début de l’année, Black Lines avait déjà sorti un premier mur avec différents artistes. A cette époque, le thème principal était “hiver jaune”. Cependant, l’administration du 19e arrondissement a réagi rapidement et a fait repeindre le mur en gris. La fresque montrant le boxeur Christophe Dettinger, réalisée par l’artiste Skalp, est l’un des tableaux qui a suscité la controverse à l’époque. Dettinger avait repoussé la police sur un pont à Paris avec des coups de poing.

Est-ce qu’il y a une sorte de complot ici ? Les Black Lines se rencontrent à nouveau à l’Ordener.

L’action de la ville est cependant perçue par les artistes comme une censure. Il est clair que les artistes ne toléreront pas cela – et c’est la voie à suivre pour le prochain tour. Dans la fresque de Monsieur Plume /RC/OTM, des personnages recouverts de noir se rassemblent autour d’une table sur laquelle se trouve un livre rouge qu’une personne semble tenter de prendre. Le regroupement des figures masquées noires donne l’impression qu’une conspiration est en cours. À gauche, une bombe à aérosol isolée sur la table, à droite un homme masqué avec une batte est assis à côté d’une personne debout qui prend le plancher. On ne sait pas de quoi ces gens discutent. En revanche, le thème principal de la Black Lines Edition se distingue clairement : la censure et la liberté d’expression. Également présents : Slyz, bricedu, Torpe et Vince.

La Violence

Les graffeurs sortent les bombes – l’état sort le Karcher.”

La violence récurrente est un grand sujet parmi les militants de ce mouvement social. L’artiste Slyze (à droite) s’y réfère avec sa création, une photo d’après Bsaz. La photo montre un policier qui semble avoir frappé un manifestant avec un gourdin. “Résistance” est écrit sur son dos. La banderole rouge en arrière-plan, qui s’élève devant des nuages noirs de fumée, dit : “Les tagueurs sortent les bombes de peinture” – Un appel à tremper la ville dans la peinture et à désobéir ? En combinaison avec l’acte de violence dans l’image, l’allusion au dispositif de nettoyage à haute pression peut sembler déconcertant.

Le fait est que des équipes de nettoyage se chargent du nettoyage dans les heures qui suivent les grandes manifestations. Comme ce fut le cas le 1er mai, lorsque des cartouches de grenades vides des Flashbangs (GLI-F4) des cartouches de gaz lacrymogène, ainsi que des balles en caoutchouc, ont été nettoyées en tout premier. Viennent ensuite les transporteurs dans lesquels les montagnes de déchets sont ramassées. Le lendemain, les premiers taggs disparaissent des murs et des paravents en bois des magasins et forment des motifs patchwork dans la façade. Certaines rues sont maintenues si propres qu’après quelques jours, toute trace d’appropriation de l’espace disparaît. Urbanauth a pu voir le Kärcher en action le dimanche après le 16 mars, lorsque des convois de nettoyeurs ont tenté de réparer les dégâts aux Champs-Elysées à l’hâte.

La photo de gauche représente Marianne, conçue par l’artiste Torpe. La Marianne est une figure symbolique de la Révolution française. Son visage sinistre, le drapeau français dans une main et un fusil dans l’autre, elle se retrouve entourée de journalistes. Ils l’harcelènt de questions : “C’est actes violence, les condamnez-vous ? “Les autorités, les condamnent-vous ?” “Condamnez la violence”.

Ce travail sociocritique peut être compris comme une représentation de la pression publique sur les manifestants. Marianne, qui aime la liberté, se retrouve tourmentée et doit se justifier auprès de la presse pour cette violence. Ainsi, selon elle, la violence la plus grave vient de l’État même, sous forme de violence physique : pendant les manifestations ou dans les banlieues, mais aussi sous forme psychologique : Comme la réduction des prestations de sécurité sociale et des retraites ou la fermeture de lieux publics et le sentiment de ne pas être entendu par les hommes politiques.

Les médias

Autocensure – en extra large – pour que personne ne puisse l’ignorer

Dans le chef-d’œuvre du sprayeur parisien Vince, deux mains tiennent un panneau rouge d’une longueur de dix mètres sur lequel est écrit “autocensure”. La phrase ci-dessous dite : “Cette fois, l’administration municipale ne la fera pas disparaître…” qui fait allusion à l’administration municipale qui a repeint le mur en gris après la dernière réunion de Black Lines. En bas dans le coin droit, le graffeur a écrit dans un ton sarcastique : “Enrichi par le contrôle social”.
Dans la série d’images, nous pouvons voir la teille complète de la fresque. En haut, il est précisé : “Sans l’effet Barbara Streisand – c’est garanti”. L’effet Barbara Streisand est une information indésirable, dont les tentatives de dissimulation ne font que rendre l’information d’autant plus connue. Cet effet n’est pas nécessaire pour cette œuvre d’art, car les passants réagissent tous sauf indifférents. Ils profitent de l’occasion pour se prendre en photo d’eux avec “l’autocensure”.

Le comportement des médias à l’égard du mouvement social est également fortement critiqué. Alors que les émeutes contre les policiers tendent à être au centre de l’attention des médias, les actes de violence contre les manifestants sont beaucoup moins abordés. Le journaliste indépendant David Dufresne recueille des témoignages et du matériel vidéo sur la violence policière depuis le début du mouvement Gilets-Jaunes. Il a recensé 803 violations fin mai. Le nombre de blessés depuis novembre dépasse désormais la barre des 2000.

Une femme passe devant le Graffiti-Wall de la rue Ordener dans le XVIIIème arrondissement de Paris.

“Les Medias vivent quand la rue meurt. C’est une info, pas une rumeur!”

La femme sur la photo – où va-t-elle en ce moment ? – passe devant un téléviseur. Une minuterie indique les chiffres 13:12, tandis que les fils électriques à côté du bol mènent aux barres de dynamite. L’appareil contient trois carottes avec des plaques identificatoires en dessous : Une est dédiée à TF1, qui appartient au groupe Bouygues, une à CNEWS, qui est liée au groupe Bolloré, et la dernière à BFM(-TV). Ces trois chaînes de télévision appartiennent à des investisseurs privés. Parmi eux, la crème de la crème de l’élite économique française : Vincent Bolloré, Martin Bouygues….

Ce n’est pas pour rien qu’une inscription en haut de la page dit : “Les médias vivent quand la rue meurt. C’est de l’information. Pas de rumeur !” Car si les samedis des émeutes du 1er, 8 décembre 2018 et 16 mars 2019, les chiffres d’audience des chaînes de télévision ont franchi le plafond et que les présentateurs se sont échauffés, il faut noter que tous les médias ne sont pas détestés. En effet, les Gilets Jaunes respectent les journalistes indépendants intimidés par l’État. Nous en avons fait rapport.

Qu’adviendra-t-il de la liberté d’expression et de la liberté de la presse ?

Le panneau “Place à la liberté d’expression” est entouré de barbelés sur l’image de gauche. Deux caméras de surveillance montrent symboliquement la surveillance croissante, tandis qu’un petit ours souriant de façon espiègle est assis sous le panneau et tient une grenade dans sa main. En tant que spectateur, on est tenté de se poser la question de savoir quand la grenade pourrait exploser.

La guillotine, une invention de la Révolution française, est une hache avec laquelle le roi Louis XVI fut décapité. Sur l’image de gauche, il est pointé vers un crayon portant le nom de l’association organisatrice. Alors que le premier graffiti a été peint en gris par l’administration municipale sous la devise “Hiver Jaune“, le dernier graffiti a été consacré à la liberté d’expression.

Les artistes ont été attaqués en leur honneur – mais l’insatisfaction n’est pas seulement remarquée de la part de la scène graffiti. Dans une lettre ouverte début mai, le collectif YellowSubmarine a appelé à la solidarité avec les mouvements de protestation sociale et à ne pas détourner le regard aux actes de violence. Le collectif est composé d’artistes de diverses disciplines. Leur pétition compte désormais plus de 26 000 signatures.

Quelqu’un est bien en colère. 600 millilitres de jaune plein dans la figure.

Et même l’artiste, qui est probablement Koz1, semble avoir perdu patience avec l’État. Dans des vêtements hip-hop, son singe en colère fourre dans la bouche d’un président caricaturé une bombe de 600 millilitres – bien sûr en jaune fluo. Le graffiti “GJ” à l’arrière-plan, les initiales du mouvement. Sur la cravate détachée de l’homme d’État maltraité : “L’art est public. En marche arrière.” Cette dernière phrase contraste avec le nom du parti au pouvoir : “La République en marche” (/LREM). Une déclaration qui pourrait être liée à des mesures de réduction budgétaire dans les domaines de l’éducation et de la culture, ainsi qu’à une dégradation perçue des conditions de travail.

Mais…

…quelqu’un a encore un mot de plus à taguer

Graffiti ? Gilets jaunes ? – Okay

Mais ici ? – Mauvaise adresse

TPK, entre autres connu sous le nom de The Poor Kids – l’une des crews de graffiti les plus célèbres de la capitale française, n’était pas entièrement d’accord avec Black Lines. Les membres de cette équipe : Relax, Craze, Eby, Keas, Keas, Blod, eyome, Knyze, dkc l’ont montré quelques jours après l’événement. Le Hall of Fame de la rue Ordener est connu pour appartenir aux equipes de taguers établies depuis longtemps. Les blanc-becs et les étrangers ne sont pas bien vus. Même si la scène graffiti est proche du mouvement Gilets-Jaunes car la foule imprévisible cache les tagueurs. Et même si la ville devient pour eux un terrain de jeu le samedi, les murs de la rue Ordener sont d’une grande importance pour ces équipes établies. Correspondant au sujet la première image montre une œuvre peinte en jaune et dans un style bouillonné. Le message dit : “La révolution est la révélation à l’horizon”.

Dans la deuxième image, la déclaration de l’artiste Adam Yuul a également été épargnée. En rouge, il met en garde contre trois épidémies : Castagnitis, Rugyole et Pénicose. La première fait référence à Christophe Castagner, ministre de l’Intérieur et chef du parti LREM, et les deux autres au ministre de l’Environnement, François de Rugy, et Muriel Pénicaud, ministre du Travail. En rapport avec les revendications :
L’Intérieur – qui évoque la violence policière, les détentions provisoires.
L’écologie – que Macron a promue sans succès dans son programme électoral.
Le travail – l’un des motifs fondamentaux de la création des Gilets Jaunes est la baisse du pouvoir d’achat ainsi que les salaires et les grandes différences structurelles dans le pays.
La fresque peut être comprise comme une critique de l’orientation économique néolibérale du parti au pouvoir. Pour cette raison, l’artiste prévient finalement de ne pas quitter la maison sans la veste jaune.

L’article est disponible en anglais et allemand. Les images ont été prises par Urbanauth.

Paris: When the street speaks out – Black Lines

Streetart-mural. On a length of 10 meters the french artist Vince realized a hand holding a huge sign. On it written stands: Auto-Censure.

The movement of the Gilets Jaunes has a strong will to express itself. Be it in demonstrations, through colourful signs and disguises – or taggs on the walls. The graffiti scene, of course, uses the opportunity to give the street a voice, and so various artists met in the Black Lines community to create socio-critical walls in the context of the Yellow Vests. The graffiti jams took place in May on Rue Ordener in the 18th arrondissement north of Paris.

At the beginning of the year, Black Lines had already realized a long wall with various artists. At that time the main theme was “hiver jaune”, which means yellow winter. However, the administration of the 19th district reacted quickly and had the wall painted grey. One of the images that stirred up controversy was the fresco showing the boxer Christophe Dettinger, created by artist Skalp. Dettinger had pushed the police back on a bridge in Paris with fist blows.

Is there some kind of conspiracy here? The Black Lines meet again at the Ordener.

The reaction of the city, however, is perceived by the artists as censorship. It is obvious that the artists won’t put up with this – and so it goes into the next round. In the fresco by Monsieur Plume /RC/OTM, black-clad figures gather around a table on which there is a red book that a person seems to be reaching for. The grouping of black masked figures gives the impression that a conspiracy is in progress. To the left, there is an isolated spray can on the table, while on the other side, a masked man with a bat is sitting next to a standing person taking the floor. What these people are discussing is not known. However, the leading theme of the Black Lines Edition clearly stands out: censorship and freedom of expression. Also present: Slyz, bricedu, Torpe and Vince.

Violence

“Les graffeurs sortent les bombes – l’état sort le Karcher.”

The sprayers get the paint bombs – The state the Kärcher by Slyz

The weekly recurrence of violence is a major issue among the supporters of this social movement. This is addressed by the artist Slyze (right) with his picture, a photo after Bsaz. The photo shows a policeman who seems to hit a demonstrator with a bat. “Resistance” is written on his back. The red banner in the background, which rises in front of black clouds of smoke, says: “The sprayers get out the paint bombs” – An appeal to dip the city in paint and to be civil disobedient? On the lower lettering it says: “The state gets the Kärcher out” – In combination with the act of violence in the picture, the allusion to the high-pressure cleaning device can seem confusing.

The fact is that cleaning crews clean up in the hours after the major demonstrations. As was the case during 1 May, when the empty grenade shells of the Flashbangs (GLI-F4) and tear gas cartridges, as well as rubber bullets, were cleaned up first and foremost. This is followed by transporters in which the mountains of waste are collected. The next day, the first tags disappear from the walls and wooden screens of the shops and form patchwork patterns in the facade. Some streets are kept so clean that after a few days all traces of any space appropriation disappear. Urbanauth was able to see the Kärcher in action on the Sunday after 16 March, when convoys of workers tried to repair the damage to the Champs-Elysees in a hurry.

On the left picture you can see the image of a Marianne, which was designed by the artist Torpe. The Marianne is a symbolic figure of the French Revolution. Her face grim, holding the French flag in one hand and a rifle in the other, she finds herself surrounded by journalists. They seem downright condemning, as they ask: “The escalations of violence, do you condemn them? “So the acts of violence, do you condemn them?” “Do you condemn the violence?“.

This socio-critical work can be understood as a representation of the public pressure on the demonstrators. Freedom-loving Marianne finds herself in distress and has to justify the violence to the media. Thus, in her opinion, the most severe violence comes from the state itself, in the form of physical violence: during the demos or in the suburbs, but also in psychological form: Such as cuts in social security benefits, pensions or the closure of public places and the feeling of not being heard by politicians.

The Media

  • Streetart-mural. On a length of 10 meters the french artist Vince realized a hand holding a huge sign. On it written stands: Auto-Censure.
  • Full view of the 10 meters long street art realized by Vince at the Rue Ordener in 2019. Two hands are holding a red sign on which is written: Autocensure.
  • In this street art mural a girl and a man with yellow vests and grim faces are in motion. A tag in french says: Strength to the following generations

In the masterpiece of the Parisian sprayer Vince, two hands hold a red sign on a ten-meter-long surface on which “auto censorship” is written. The sentence below says: “This time the city administration won’t make it disappear…“. And it probably alludes to the action of the city administration when the last Black Lines meeting was overpainted in gray. Below right one reads sarcastically: “Enriched with social control”. In the picture series the complete size of the fresco can be seen. At the top it says: “Guaranteed without Barbara Streisand effect“. The Barbara Streisand effect is unwanted information, whose cover-up attempts only lead to the information becoming all the more well-known. This effect is not required for this work of art, because: The passers-by react anything but indifferent. They use the opportunities to picture themselves with “auto censorship“.

The behavior of the media towards the social movement is also strongly criticized. While riots against police officers tend to be the focus of the media, acts of violence against demonstrators are much less strongly addressed. The independent journalist David Dufresne, who has been collecting testimonies and video material on police violence since the beginning of the Gilets-Jaunes movement, comes up with no less than 803 violations at the end of May. The number of injured since November now exceeds the 2000 mark.

A woman walks past the Graffiti-Wall at the Rue Ordener in the XVIIIeme Arrondissement of Paris.

“Les Medias vivent quand la rue meurt. C’est une info, pas une rumeur!”

The media live when the road dies. That’s an information, not a rumour!

The woman in the picture – where she’s on her way? – runs past a television set drawn in thin black lines. A timer shows the numbers 13:12, while wires on the side bowl lead to dynamite rods. The device contains three carrots with name plates underneath: One for TF1, which belongs to the Bouygues group; one for CNEWS, which is linked to the Bolloré group; and the last one goes to BFM(-TV). These three television channels are owned by private investors. Among them are the crème de la crème of the French business elite: Vincent Bolloré, Martin Bouygues…

It is not for nothing that a lettering chants on the top page: “The media live when the street dies. That’s info. No rumor!“. Because while on the riot Saturdays of December 1, 8, 2018 and March 16, 2019 the viewer numbers at the TV stations went through the ceiling and presenters ran hot. It should be noted that not all media are hated. The Gilets Jaunes respect independent journalists who are intimidated by the state. We reported about it.

What will happen to freedom of expression and freedom of the press?

The street sign ” Square for freedom of opinion”, a glued poster, is surrounded on the left picture by barbed wire. Two surveillance cameras point symbolically to the rising surveillance, while a small, mischievously smiling bear sits under the sign and holds a grenade in his hand. As a mere spectator one is tempted to ask oneself, when the grenade might go off.

The guillotine, an invention from the time of the French Revolution, is an ax with which the King Louis XVI, among others, was beheaded. In the left picture it is pointed at a pencil with the name of the organizing association on it. While the first graffiti jam was painted gray by the city administration under the motto “Yellow Winter”, the focus of the last jam is on freedom of expression.

The artists were attacked in their honor – but the dissatisfaction is not only noticeable on the part of the graffiti scene. In an open letter at the beginning of May, the YellowSubmarine collective called for solidarity with social protest movements and not to look away from the acts of violence. The collective consists of artists from various disciplines. Their petition now has over 26,000 signatures.

Well, someone’s angry. 600 milliliters of neon yellow in the face.

And even the artist, who may be Koz1, seems to have lost patience with the state. In his hip-hop clothes, his angry monkey stuffs a 600 milliliter high pressure spray can into the mouth of a caricatured president. Of course in neon yellow. The groovy “GJ” graffiti in the background, the initials of movement. The tie that blows away from the maltreated statesman says: “Art is public. March back.” The “En marche arrière” contrasts with the name of the ruling party: “La République en marche” (/LREM), which can be roughly translated as “The Republic in Motion”. An announcement that may have to do with cuts in the budget for education and culture, as well as a perceived degradation of working conditions.

However…

Somebody’s got one more word to spray.

Graffiti? Gilets Jaunes? – Okay
But here? – Wrong address

TPK, also known as The Poor Kids – one of the most notorious graffiti crews in the French capital – did not quite agree with Black Lines. The crew members: Relax, Craze, Eby, Keas, Blod, eyome, Knyze, dkc showed this a few days later after the event. The Hall of Fame on rue Ordener is known to belong to the old-fashioned sprayer crews. Greenhorns and strangers are undesirable. Even though the graffiti scene is close to the Gilets-Jaunes movement, as the unpredictable crowd covers the sprayers. And even though the city becomes a playground for them on Saturdays, the walls along rue Ordener are of great importance to the local crews. In the first picture, the work is sprayed in yellow and careless letter styles, matching the theme. The spared message says: “The revolution is the revelation on the horizon“.

In the second picture the statement of the artist Adam Yuul has also been spared. In red letters he warns of three epidemics: Castagnitis, Rugyole and Penicose. The first one refers to Christophe Castagner, Minister of the Interior and leader of the LREM party, while Francois de Rugy, Minister of the Environment, and Muriel Pénicaud, Minister of Labour, are named. In connection with the demands: Interior – think of the police violence and provisional detention and surveillance. Ecology – which Macron promoted in his electoral program without success. Work – one of the basic motives for the creation of the Gilets Jaunes is the decreasing purchasing power combined with wages and the large structural differences in the country. The fresco can be understood as a criticism of the neoliberal economic orientation of the ruling party, which is why the artist finally warns not to leave the house without the yellow vest.

The article is available in German and French. Images by Urbanauth.
Note: The lettering and quotations on the walls have been freely translated and adapted to English. The image interpretation is only one of several possible perspectives.

Paris: Wenn die Straße spricht – Black Lines

Streetart-mural. On a length of 10 meters the french artist Vince realized a hand holding a huge sign. On it written stands: Auto-Censure.

Die Bewegung der Gilets Jaunes hat ein starkes Bedürfnis sich auszudrücken. Sei es bei Demos durch bunte Schilder und Verkleidungen – oder Taggs an den Wänden. Die Graffiti-Szene nutzt natürlich die Gelegenheit, der Straße eine Stimme zu verleihen, und so trafen verschiedene Künstler in der Black Lines Community zusammen, um sozialkritische Wände im Kontext der Gelb-Westen zu gestalten. Die Graffiti-Jam fand im Mai an der Rue Ordener im 18. Arrondissement im Norden von Paris statt.

Zu Beginn des Jahres hatte Black Lines bereits eine erste lange Wand mit verschiedenen Künstlern gestaltet. Damals war das Leitthema “hiver jaune”, welches gelber Winter bedeutet. Jedoch reagierte die Verwaltung des 19. Bezirks schnell und ließ die Wand grau überstreichen. Eines der Bilder, welches damals Polemik schürte, war die Freske des Boxers Christophe Dettinger, das von dem Künstler Skalp realisiert wurde. Dettinger hatte auf einer Brücke in Paris die Polizei mit Fausthieben zurückgedrängt.

Ist hier etwa eine Verschwörung im Gange ? Black Lines trifft sich wieder an der Ordener.

Die Handlung von der Stadt wird jedoch von den Kunstschaffenden als Zensur wahrgenommen. Klar, dass sich dies die Künstler nicht gefallen lassen – und so geht es in die nächste Runde. In der Freske von Monsieur Plume /RC/OTM versammeln sich schwarz verhüllte Gestalten um einen Tisch, auf welchem ein rotes Buch liegt, nach dem eine Person zu greifen scheint. Die Gruppierung schwarz vermummter Gestalten geben den Anschein, als ob eine Verschwörung im Gange ist. Zum linken Rand liegt eine vereinzelte Sprühdose auf dem Tisch, während auf der anderen Seite ein Vermummter mit Schläger neben einer stehenden Person sitzt, die das Wort ergreift. Worüber diese Personen diskutieren ist nicht zu erfahren. Dafür aber hebt sich das leitende Thema der Black-Lines Edition deutlich hervor: Zensur und Meinungsfreiheit. Mit dabei: Slyz, bricedu, Torpe und Vince.

Die Gewalt

“Les graffeurs sortent les bombes – l’état sort le Karcher.”

Die Sprüher holen die Farbbomben – Der Staat den Kärcher by Slyz

Die allsamstäglich wiederkehrende Gewalt ist ein großes Thema unter den Anhängern dieser Sozialbewegung. Dies spricht der Künstler Slyze (rechts) mit seinem Bild, einem Photo nach Bsaz, an. Auf diesem ist ein Polizist zu sehen, welcher mit einem Knüppel auf einen Demonstranten einzuschlagen scheint. “Resistance” steht auf seinem Rücken geschrieben. Die rote Banderole im Hintergrund, welche sich vor schwarzen Rauchschwaden emporhebt, sagt aus: “Die Sprüher holen die Farbbomben raus” – Ein Aufruf, die Stadt in Farbe zu tauchen, und zivil ungehorsam zu sein? Auf dem unteren Schriftzug steht: “Der Staat holt den Kärcher raus” – In Kombination zum Gewaltakt auf dem Bild kann die Anspielung auf das Hochdruckreinigungsgerät verwirrend erscheinen.

Fakt ist, dass Putzkolonnen in den Stunden nach den Großdemonstrationen aufräumen. So wie während dem 1. Mai, als direkt an erster Stelle die leeren Granatenhüllen der Flashbangs (GLI-F4) und Tränengaskartouschen, aber auch Gummigeschosse aufgeräumt wurden. Dem folgen dann Transporter, in denen die Berge an Abfall gesammelt werden. Am nächsten Tag verschwinden dabei bereits die ersten Taggs von den Wänden und Holzabschirmungen der Geschäfte und bilden Flickenmuster in der Fassade. Manche Straßenzüge werden dabei so sauber gehalten, dass nach einigen Tagen alle Spuren jeglicher Raumaneignungen verschwinden. Den Kärcher konnte Urbanauth dabei am Sonntag nach dem 16. März in Aktion sehen, als Arbeiterkolonnen die Schäden an den Champs-Elysees im Eiltempo zu reparieren versuchten.

Auf dem linken Bild ist das Abbild einer Marianne zu sehen, welches von dem Künstler Torpe gestaltet wurde. Die Marianne ist eine Symbolfigur der französischen Revolution. Das Gesicht grimmig, in einer Hand die französische Flagge und in der anderen ein Gewehr haltend, findet sie sich von Journalisten umringt. Geradezu verurteilend scheinen sie, wie sie fragen: “Die Gewaltausschreitungen, Verurteilen Sie sie?” “Also die Gewalten, verurteilen sie die?“Verurteilen Sie die Gewalt“.

Dieses gesellschaftskritische Werk kann als Darstellung des öffentlichen Druckes auf die Demonstranten verstanden werden. Die freiheitsliebende Marianne gerät in Bedrägnis und hat sich vor den Medien für die Gewalt zu rechtfertigen. So kommt ihrer Meinung nach die schwerste Gewalt vom Staat selbst, in Form von physischer Gewalt: während den Demos oder in den Vororten, aber auch in psychischer Form: Wie etwa bei Kürzungen von Sozialhilfen, der Rente oder der Schließung von öffentlichen Anlaufstellen und dem Gefühl, von der Politik nicht gehört zu werden.

Die Medien

In dem Meisterwerk des Pariser Sprühers Vince halten auf eine zehn Meter lange Fläche zwei Hände ein rotes Schild, auf dem “Autozensur” geschrieben steht. Der Satz darunter besagt: “Diesmal wird es die Stadtverwaltung nicht wegmachen…“. Und spielt damit wohl auf die Aktion der Stadtverwaltung an, als die letzte Black Lines Zusammenkunft grau übermalt wurde. Unten rechts liest sich sarkastisch: “Angereichert an sozialer Kontrolle”. In der Bildserie ist die vollständige Größe der Freske zu sehen. Oben steht dabei: “Garantiert ohne Barbara Streisand Effekt“. Beim Barbara Streisand Effekt handelt es sich um eine unerwünschte Information, deren Vertuschungsversuche nur dazu führen, dass die Information umso bekannter wird. Dieses Effekts bedarf es dabei bei diesem Kunstwerk nicht, denn: Die Passanten reagieren alles andere als gleichgültig. Sie nutzen die Gelegenheiten, sich mit der “Autozensur” abzubilden.

Das Verhalten der Medien gegenüber der Sozialbewegung steht dabei auch stark in der Kritik. Während Ausschreitungen gegenüber Polizisten im Fokus der Medien zu stehen pflegen, werden Gewalttaten gegenüber Demonstrierenden deutlich weniger stark thematisiert. Der unabhängige Journalist David Dufresne, welcher Zeugenaussagen und Videomaterial zur Polizeigewalt seit dem Beginn der Gilets-Jaunes Bewegung sammelt, kommt Ende Mai auf nicht weniger als 803 Verstöße. Die Anzahl der Verletzten seit November übersteigt dabei inzwischen die 2000er-Marke.

Eine Frau läuft an der Graffiti-Wall an der Rue Ordener im XVIIIeme Arrondissement von Paris vorbei.

“Les Medias vivent quand la rue meurt. C’est une info, pas une rumeur!”

Die Medien leben, wenn die Straße stirbt. Das ist eine Info, kein Gerücht!

Die Frau auf dem Bild – wohin sie wohl gerade unterwegs ist? – läuft an einem in dünnen schwarzen Linien gezogenen Fernseher vorüber. Ein Timer zeigt die Ziffern 13:12 an, während Drähte an der seitlichen Schale zu Dynamitstangen führen. Im Gerät liegen drei Karotten mit Namensschildern darunter: Eine für TF1, welche der Gruppe Bouygues gehört; eine ist für CNEWS, die in Verbindung zur Gruppe Bolloré steht; und die letzte geht an BFM(-TV). Diese drei Fernsehsender gehören privaten Investoren. Mit darunter versammelt die Crème de la Crème der französischen Wirtschaftselite: Vincent Bolloré, Martin Bouygues…

Nicht umsonst skandiert ein Schriftzug auf der oberen Seite: “Die Medien leben, wenn die Straße stirbt. Das ist eine Info. Kein Gerücht!“. Denn während an den Krawallsamstagen des 1., 8. Dezember 2018 und 16. März 2019 die Zuschauerzahlen bei den Fernsender durch die Decke gingen und Moderatoren heiß liefen, gilt es anzumerken, dass nicht alle Medien verhasst sind. So haben die Gilets Jaunes Respekt vor unabhängigen Journalisten, welche von staatlicher Seite eingeschüchtert werden. Wir berichteten darüber.

Was wird aus der Meinungs- und Pressefreiheit?

Das Straßenschild “Platz für die Meinungsfreiheit”, einem aufgeklebten Poster, ist auf dem linken Bild von Stacheldraht umgeben. Zwei Überwachungskameras deuten dabei sinnbildlich auf die steigende Überwachung, während ein kleiner, schelmisch lächelnder Bär unter dem Schild sitzt und eine Granate in der Hand hält. Als Zuschauer ist man versucht sich zu fragen, wann diese wohl hochgeht.

Bei der Guillotine, einer Erfindung aus den Zeiten der französischen Revolution, handelt es sich um ein Fallbeil, mit dem unter anderem der König Ludwig XVI geköpft wurden. Dieses ist im linken Bild auf einen Bleistift gerichtet, auf dem der Name des veranstaltenden Vereins steht. Während die erste Graffiti-Jam unter dem Motto: “Gelber Winter” von der Stadtverwaltung grau überstrichen wurde, liegt der Fokus der letzten Jam auf der Meinungsfreiheit.

Die Künstler wurden in ihrer Ehre angegriffen – doch nicht nur von Seiten der Graffiti-Szene ist die Unzufriedenheit spürbar. In einem offenen Brief Anfang Mai rief das Kollektiv YellowSubmarine dazu auf, sich mit sozialen Protestbewegungen zu solidarisieren und nicht vor den Gewalttaten wegzuschauen. Das Kollektiv besteht aus Künstlern verschiedener Disziplinen. Ihre Petition verzeichnet inzwischen über 26.000 Unterschriften.

Da ist aber jemand wütend. 600 Milliliter Neongelb ins Gesicht.

Und auch der Künstler, bei dem es sich möglicherweise um Koz1 handelt, scheint die Geduld mit dem Staat verloren zu haben. So stopft in Hip-Hop Kleidung sein wütender Affe einem karikaturesken Präsidenten eine 600- Milliliter High Pression-Sprühdose in den Mund. Natürlich in Neongelb. Das fetzige “GJ“-Graffiti im Hintergrund, die Initialen der Bewegung. Auf der vom malträtierten Staatsmann weg-wehenden Krawatte steht: “Kunst ist öffentlich. Marsch zurück.” Das “En marche arrière” nimmt dabei Gegenstellung zum Namen der regierenden Partei: “La République en marche” (/LREM), welches näherungsweise mit “Die Republik in Bewegung” übersetzt werden kann. Eine Ansage, die möglicherweise in Bezug zu den Kürzungen im Budget von Bildung und Kultur, sowie einer gefühlten Degradierung der Arbeitsbedingungen zu tun hat.

Aber…

Jemand hat noch ein Wort mitzusprühen

Graffiti? Gilets Jaunes? – Okay

Aber hier? – Falsche Adresse

TPK, unter anderem bekannt als The Poor Kids – eine der berüchtigsten Graffiti-Crews der französischen Hauptstadt, waren nicht so ganz einverstanden mit Black Lines. Die Crewmitglieder: Relax, Craze, Eby, Keas, Blod, eyome, Knyze, dkc zeigten das wenige Tage später nach der Veranstaltung. Die Hall of Fame an der rue Ordener ist dafür bekannt, den alteingessessen Sprüher-crews zu gehören. Greenhorns und Fremde sind unerwünscht. Auch wenn die Graffiti-Szene der Gilets-Jaunes Bewegung im Nahe steht, da die unvorhersehbare Menschenmenge den Sprühern Deckung gibt. Und auch wenn die Stadt für sie samstäglich zum Spielplatz wird, so sind die Wände an der rue Ordener von hoher Bedeutung für die eingessenen Crews. Thematisch passend wird dabei im ersten Bild in gelb und nachlässigem Buchstabenstil über das Werk gesprüht. Die verschonte Botschaft besagt: “Die Revolution ist die Offenbarung am Horizont”.

Auf dem zweiten Bild ist die Aussage des Künstlers Adam Yuul ebenfalls erspart geblieben. In roter Schrift warnt er vor drei Epidemien: Castagnitis, Rugyole und Penicose. Die erste ist auf Christophe Castagner, seines Zeichens Innenminister und Parteivorsitzender der LREM bezogen, während mit Francois de Rugy der Umweltminister und Muriel Pénicaud die Arbeitsministerin bezeichnet werden. Im Zusammenhang mit den Forderungen: Inneres – man denke an die Polizeigewalt und provisorischen Gewahrsame sowie Überwachung. Ökologie – welche Macron in seinem Wahlprogramm bewarb, ohne Erfolge vorzuweisen. Arbeit – eines der Grundmotive für die Entstehung der Gilets Jaunes ist die sinkende Kaufkraft in Verbindung mit den Löhnen und den großen strukturellen Unterschieden im Land. Die Freske kann dabei als Kritik an der neoliberalen Wirtschaftsausrichtung der regierenden Partei verstanden werden, weswegen der Künstler abschließend warnt, nicht ohne die gelbe Weste aus dem Haus zu gehen.

Der Artikel ist in Französisch und Englisch verfügbar. Bildmaterial von Urbanauth. Anmerkung: Die Schriftzüge und Zitate auf den Wänden wurden frei übersetzt und an das Deutsche angepasst. Die Bildinterpretation ist nur eine von mehreren möglichen Betrachtungswinkeln.

Paris: Is the freedom of press at risk ?

Paris: Is freedom of the press in danger ?

The gendarmerie is preparing for its deployment. Act 23, Paris / Boulevard Richard Lenoir

The ongoing protests of the Gilets Jaunes are putting the French government under increasing pressure. After the announcement of a first ultimatum (Act 18 / 16 March) to President Macron, violent riots were already foreseeable weeks before. But another temporary climax of the escalation in France’s heated political climate was reached on April 20 (Act 23). The French leadership under Macron, which since December not only prevents participants of the Gilets Jaunes protests from entering the capital Paris, but also arrests them – with partly grotesque reasons.

Journalists are also increasingly being targeted by the state. What is striking here is that police attacks taking place on independent journalists.

A particularly critical stage was reached during the 23rd act of the Yellow Vests, when seven journalists in Toulouse and about twelve others in Paris were prevented from their work. While water cannons or flashball cannons were targeted at press people, fragments of dispersion grenades and baton blows also hit the independent reporters. Most spectacular, however, were the temporary detentions of two journalists: Alexis Kraland and Gaspard Glanz.


Can still smile for a photo with policemen. A little boy during Act 4 (8 December) in Paris.


When the police knows you by your first name

Hello Gaspard“, the Commissioner greeted the journalist Gaspard Glanz this Saturday on the square of the République in the north of Paris.

A short time later, the founder of Taranis News gets a grenade thrown at him which burns his trouser leg.

Angrily, he runs towards the group of policemen and asks the commissioner to speak. In the following scenario a policeman becomes violent towards him and pushes him backwards. He then shows him the stinky finger and is taken into custody by four policemen. The arrest, which was filmed by Hors Zone Press, ends with the policemen beating around themselves with their batons, dissolving the rest of the gathering of journalists around the action.

The Gaspard Glanz case needs special attention. Recognised in the industry as a video journalist, he has been documenting social movements in France for some time and regularly attends various demonstrations. With his production company Taranis News, he became known for his reporting during the Labour Laws, Notre Dames of the country and a report on the “Jungel of Calais”. His reportage traded him various entries in identification files, such as the “Fiche S” (State Security) and “Fiche J” (State wanted). However, he is not sought by the state, but continues to function in this file, despite a request to remove this marking.


We were there when the release of the video journalist Gaspard Glanz was demanded in front of the commissariat of the 12th arrondissement in Paris.


A birthday in the jail cell for… ?

A fame that earned him a deprivation of liberty of over 48 hours and a birthday in the prison cell. On Monday 22.04.2019 a handful of journalists and private persons demonstrated for his release in front of the commissariat of the 12th arrondissement in Paris. We were there. Under condition he was released in the evening: Prohibition to appear and film in Paris on 1 May and Saturdays. On Monday 29.04.2019, however, this ban was successfully challenged in court by his lawyers. However, in some other European countries it would be unthinkable to impose a ban on the reporting of demonstrations.

The basis for his arrest is the law paragraph “disregard of persons with public authority” as well as “participation in a grouping for the commission of criminal offences or degradations”. While there is nothing to add to the first, the last accusation raises considerable questions.


Journalists in the crossfire of authoritarian laws?


Raphael Kempf, one of Gaspard Glanz’s lawyers, points out in his interview with Revue Ballast that legislation in France in recent years has not only damaged the right to demonstrate. Journalists, too, feel the interpretation of the law against its original purpose.

In 2010 under Sarkozy, Article 222-14-2 was included in the Code of Criminal Procedure. This prohibits participation in a group for the commission of criminal offences. Originally conceived in the context of the riots in the banlieues, it was intended to prevent the gathering of juveniles who could possibly cause riots.

The paragraph is strongly reminiscent of the film “Minority Report”, in which people are sentenced on the basis of a prediction and stands in direct contrast to the presumption of innocence:

“Every defendant is considered innocent until proven guilty by law.”


(Article 48, Charter of Fundamental Rights of the European Union)

Nine years later, it is this paragraph that brings Gaspard brilliance to the prison collection site. And incidentally, it is used against a large number of Yellow Vest demonstrators to prevent them from exercising their right to demonstrate. This is usually done in combination with people checks and is imposed when suspicious objects are found. These can include ski goggles, helmets and respirators. Usually the same pattern is followed. A suspicious object is found which gives the reason to take the person into custody. 24 hours later, after the demonstration is over, they are released.


Disguised as a warning sign, a demonstrator points to the police violence.


The anti-riot law also affects the press


The law against troublemakers, popularly known as the “Loi Anti-Casseur“, was passed by the French state on 10 April 2019 after the violent riots in the context of the Yellow Vest movement.

The aim is to prohibit people from entering a defined area if they refuse to carry out physical checks or if they are in possession of objects that can per se be regarded as potential weapons. A card index will also be created for persons who are subject to a ban on demonstrations. This is limited to a clearly defined area, but can be very annoying for the persons. For example, Gaspard Glanz had to leave Paris for Act 24 (27 April 2019) at its own expense, threatening further consequences in the event of non-compliance. However, the ban on taking part in a demonstration and the ban on wearing a mask must also be viewed critically. While the use of rubber bullets is prohibited in other EU countries, and dispersion grenades are only used in extremely dangerous situations, they have become part of everyday life in France. Protective helmets and breathing masks, which protect the demonstrators from the worst effects, are thus criminalised. A situation that also affects journalists who need this equipment to protect their health.

If your camera is seen as a weapon

A freelance journalist films with his camera during the Ultimatum 1 (Act 18) of the Yellow Vest in Paris at the Champs-Elysée. The background shows a day on a wooden wall. It is written on it: “End of the world, end of the month. The same culprits, the same fight.”

Alexis Kraland, journalist from Paris, followed the yellow vests on the same Saturday to the subway station of the Gare du Nord, the northern station of Paris. There he was surrounded by policemen and asked to hand over his camera. When he refused, they pressed him against the wall and handcuffed him. When asked why the police wanted his camera, they replied that they were acting on behalf of the prosecution and that the camera could be a weapon. A policeman hit him on the hand with which he was holding his equipment. After the police threatened to confiscate the equipment of the surrounding photographers, they left the scene.

Afterwards his bag was searched where the police found remains of cannabis in his grinder. First, the police said the reason for Alexis Kraland’s arrest was rebellion against surrendering his camera. At the police station the reason was changed to “possession of narcotics”. Apparently neither of the two reasons was accepted by the prosecutor’s office, because at CheckNews/Liberation’s request the Paris prosecutor’s office stated that the reason was “participation in a group with regard to violence or humiliation”. After eight hours in custody Kraland was released, but his protective equipment had previously been destroyed by the police.


Is freedom of the press under threat in France?

If you look at the order to Glanz which prohibited him from filming in Paris on Saturdays, it is questionable what a stinky finger has to do with documenting public protest movements. Currently, the French government does not seem to tolerate independent reporting.

The Yellow Vest movement, which has grown into a serious social movement, seems to be the result of the policies of recent decades in France: a powerless lower class that fights persistently and with anger against a repressive leadership style that promotes the elites.

Whether the popularity of the neoliberal Macron will increase if he now makes the independent press his enemy ? Social media even make comparisons with autocratic systems.

In any case, the question is slowly emerging as to whether the freedom of the press is still valid in France or whether it is already acutely endangered. At any rate, destroying the protective equipment of rapporteurs and detaining journalists for hours without good reason are indicators of a dwindling right to free reporting.

Paris: Ist die Pressefreiheit in Gefahr ?

Journalisten haben es nicht leicht. Oft stehen sie in der Mitte des Geschehens, um für die breite Öffentlichkeit Photo- und Videomaterial aufzunehmen.
Die Gendarmerie bereitet sich auf ihren Einsatz vor. Akt 23, Paris / Boulevard Richard Lenoir

Die andauernden Proteste der Gilets Jaunes setzen die französische Regierung zunehmend unter Druck. Nach der Ankündigung eines ersten Ultimatums (Akt 18 / 16.März) an den Präsidenten Macron, waren gewaltsame Ausschreitungen bereits Wochen zuvor absehbar. Doch ein weiterer vorläufiger Höhepunkt der Eskalation in Frankreichs hitzigem politischen Klima wurde am 20.April (Akt 23) erreicht. Die französische Führung unter Macron, welche seit Dezember Teilnehmer an den Gilets Jaunes-Protesten nicht nur am Einreisen in die Landeshauptstadt Paris hindert, sondern diese auch – mit zum Teil grotesken Begründungen – verhaftet.

Auch Journalisten geraten vermehrt in das Visier des Staates. Auffällig dabei ist, dass immer wieder Übergriffe der Polizei auf unabhängige Journalisten stattfinden.

Eine besonders kritische Etappe wurde dabei während dem 23. Akt der Gelben Westen erreicht, als sieben Journalisten in Toulouse, sowie ungefähr zwölf Weitere in Paris an ihrer Arbeit gehindert wurden. Während Wasserwerfer oder Flashballwerfer gezielt auf Presseleute gerichtet wurden, trafen auch Splitter von Dispersionsgranaten und Schlagstockhiebe die unabhängigen Berichterstatter. Am aufsehenerregendsten waren jedoch die temporären Inhaftierungen zweier Journalisten: Alexis Kraland und Gaspard Glanz.

Kann noch für ein Foto mit Polizisten lächeln. Ein kleiner Junge posiert zufällig vor der Polizei, während dem Akt IV (8.Dezember) in Paris.

Wenn die Polizei dich beim Vornamen kennt

„Hallo Gaspard“, grüßte der Kommissar den Journalisten Gaspard Glanz an diesem Samstag auf dem Platz der République im Norden von Paris.

Kurze Zeit später bekommt der Gründer von Taranis News eine Granate ans Bein geworfen, welche sein Hosenbein anbrennt.

Wütend läuft dieser auf die Gruppe von Polizisten zu und fordert den Kommissar zu sprechen. Im folgenden Szenario wird ein Polizist ihm gegenüber handgreiflich und schubst ihn nach hinten. Daraufhin zeigt er diesem den Stinkefinger und wird kurz darauf von vier Polizisten gewaltsam in Gewahrsam genommen. Die Festnahme welche von Hors Zone Press gefilmt wurde, endet damit, dass die Polizisten mit ihren Schlagstöcken um sich schlagend, die restliche Versammlung der Journalisten um das Geschehen herum auflösen.


Der Fall Gaspard Glanz bedarf dabei besondere Aufmerksamkeit. In der Branche anerkannt als Video-Journalist dokumentiert er seit längerem Sozialbewegungen in Frankreich und ist regelmäßig auf verschiedenen Demonstrationen anwesend. Mit seiner Produktionsfirma Taranis News wurde er durch seine Berichterstattung während den Arbeitsgesetzten, Notre Dames des Landes und einer Reportage über den “Jungel von Calais” bekannt. Seine Reportage handelten ihm diverse Einträge in erkennungsdienstliche Karteien, wie dem “Fiche S” (Staatssicherheit) und “Fiche J” (Staatliche gesucht) ein. Jedoch ist er nicht staatlich gesucht, sondern fungiert nach wie vor in dieser Kartei, trotz einem Antrag zur Aufhebung dieser Kennzeichnung.

Wir waren vor Ort, als vor dem Kommissariat des 12. Arrondissements in Paris die Freilassung des Video-Journalisten Gaspard Glanz gefordert wurde.

Ein Geburtstag in der Zelle für… ?

Eine Bekanntheit welche ihm eine Freiheitsberaubung von über 48 Stunden und einen Geburtstag in der Gefängniszelle einhandelte. Am Montag den 22.04.2019 demonstrierten deswegen eine Handvoll von Journalisten, sowie Privatpersonen für seine Freilassung vor dem Kommissariat des 12. Arrondissements in Paris. Wir waren vor Ort. Unter Auflage wurde er am Abend freigelassen: Verbot am 1. Mai, sowie an Samstagen in Paris zu erscheinen und zu filmen. Am Montag den 29.04.2019 wurde dieses Verbot jedoch vor Gericht durch seine Anwälte erfolgreich angefochten. Doch allein das Aussprechen eines Bericht-Verbots über Demonstrationen ist in einigen anderen europäischen Ländern undenkbar.

Die Grundlage für seine Festnahme ist dabei der Gesetzesparagraph “Missachtung von Personen, die über öffentliche Autorität verfügen”, sowie “Teilnahme an einer Gruppierung zur Begehung von Straftaten oder Degradierungen”. Während es zu dem Ersten nichts hinzuzufügen gibt, wirft der letzte Vorwurf beträchtliche Fragen auf.

Journalisten im Kreuzfeuer autoritärer Gesetze?

Raphael Kempf, einer der Anwälte von Gaspard Glanz, weist in seinem Interview mit der Revue Ballast darauf hin, dass die Gesetzgebung in Frankreich in den letzten Jahre nicht nur dem Demonstrationsrecht geschadet hat. Auch Journalisten bekommen die Rechtsauslegung gegen ihren ursprünglichen Zweck zu spüren.

Im Jahr 2010 unter Sarkozy wurde der Article 222-14-2 in die Strafprozessordnung aufgenommen. Dieser verbietet die Teilnahme an einer Gruppierung zur Begehung von Straftaten. Ursprünglich im Kontext der Ausschreitungen in den Banlieues erdacht, sollte dieser das Zusammenkommen von Jugendlichen verhindern, welche möglicherweise Krawalle verursachen könnten.
Der Paragraph erinnert dabei stark an den Film “Minority Report”, in welchem anhand einer Vorhersage Menschen verurteilt werden und steht in einem direkten Gegensatz zur Unschuldsvermutung:

“Jeder Angeklagte gilt bis zum rechtsförmlich erbrachten Beweis seiner Schuld als unschuldig”


(Artikel 48, Charta der Grundrechte der Europäischen Union)

Neun Jahre später ist es dieser Paragraph, welcher Gaspard Glanz in die Gefangenensammelstelle führt. Und nebenbei gegen eine große Anzahl an Demonstranten der Gelb-Westen Bewegung angewendet wird, um zu verhindern, dass diese ihr Demonstrationsrecht wahrnehmen können. In der Regel passiert dies in der Kombination mit Personenkontrollen und wird verhängt, wenn verdächtige Gegenstände vorgefunden werden. Als diese können bereits Skibrillen, Helme und Atemschutzmasken gelten. Dabei wird normalerweise ein und dem selben Muster gefolgt. Ein verdächtiger Gegenstand wird vorgefunden, welcher den Grund gibt, die Person in Gewahrsam zu nehmen. 24 Stunden später, nachdem die Demonstration zu Ende ist, werden diese dann wieder freigelassen.

Als Warnschild verkleidet, weist ein Demonstrant auf die Polizeigewalt hin.

Auch das Anti-Krawall Gesetz betrifft die Presse

Das Gesetz gegen Unruhestifter, im Volksmund unter dem Namen „Loi Anti-Casseur“ bekannt, wurde nach den gewaltsamen Ausschreitungen im Kontext der Gelb-Westen-Bewegung vom französischen Staat am 10. April 2019 verabschiedet.

So soll Personen der Zugang zu einem definierten Raum verboten werden, falls diese sich einer Körperkontrolle verweigern oder im Besitz von Gegenständen sind, welche per se als potenzielle Waffen betrachtet werden können. Es wird außerdem eine Kartei angelegt für Personen, welche einem Demonstrationsverbot unterliegen. Dies ist dabei nur auf ein klar definiertes Gebiet eingeschränkt, kann jedoch für die Personen sehr ärgerlich sein. So musste zum Beispiel Gaspard Glanz für den Akt 24 (27. April 2019) auf eigene Kosten Paris verlassen, unter Drohung von weiteren Konsequenzen im Falle eines Nichtbeachtens. Doch auch das Verbot an einer Demonstration teilzunehmen, sowie das Vermummungsverbot ist kritisch zu betrachten. Denn während in anderen EU-Ländern die Benutzung von Gummigeschossen verboten ist, sowie Dispersionsgranaten nur bei äußerst gefährlichen Situationen angewendet werden, so sind sie in Frankreich zum Alltag geworden. Schutzhelme und Atemschutzmasken, welche die Demonstranten vor den schlimmsten Auswirkungen schützen, werden damit kriminalisiert. Ein Sachverhalt der auch Journalisten trifft, welche diese Ausrüstungen zum Schutz ihrer Gesundheit benötigen.

Wenn deine Kamera als Waffe angesehen wird

Ein freier Journalist filmt mit seiner Kamera, während dem Ultimatum 1 (Akt 18) der Gelb-Westen in Paris an den Champs-Elysée. Im Hintergrund ist ein Tag auf einer Holzwand zu sehen. Darauf geschrieben steht: “Ende der Welt, Ende des Monats. Die selben Schuldigen, der selbe Kampf.”

Alexis Kraland, Journalist aus Paris, folgte den Gelbwesten am selben Samstag in die U-Bahn Station der Gare du Nord, dem Nordbahnhof von Paris. Dort wurde er von Polizisten umringt und dazu aufgefordert seine Kamera auszuhändigen. Als er sich weigerte, pressten sie ihn gegen die Wand und legten ihm Handfesseln an. Auf Nachfrage, warum die Polizei denn seine Kamera haben möchte, antworteten diese, dass sie im Auftrag der Staatsanwaltschaft handeln und die Kamera eine Waffe darstellen könnte. Ein Polizist schlug ihm auf die Hand, mit der er seine Ausrüstung festhielt. Nach Drohung der Polizei auch die Ausrüstung der umstehenden Fotografen zu beschlagnahmen, verließen diese den Ort des Geschehens.

Anschließend wurde seine Tasche durchsucht, wo die Polizei Reste von Cannabis in seinem Grinder fand. Zuerst sagten die Polizisten der Grund für die Verhaftung Alexis Kralands sei die Rebellion gegen das Herausgeben seiner Kamera. Auf dem Revier wurde die Begründung auf “Besitz von Betäubungsmitteln” geändert. Offenbar wurde keiner der beiden Gründe von der Staatsanwaltschaft akzeptiert, denn auf Nachfrage von CheckNews/Liberation sagte die Pariser Staatsanwaltschaft aus, der Grund sei “Beteiligung an einer Gruppe im Hinblick auf Gewalt oder Erniedrigung”. Nach acht Stunden in Haft wurde Kraland freigelassen, allerdings wurde seine Schutzausrüstung von der Polizei zuvor zerstört.

Ist die Pressefreiheit in Frankreich gefährdet?

Wenn man sich den von der Staatsanwaltschaft verhängten Platzverweis gegen Glanz ansieht, dann ist fraglich was ein Stinkefinger mit dem Dokumentieren öffentlicher Protestbewegungen zu tun hat. Aktuell scheint die französische Regierung keine unabhängige Berichterstattung zu dulden.

Die Bewegung der Gelbwesten, welche zu einer ernst zu nehmenden Gesellschaftsbewegung gewachsen ist, scheint die Folge der Politik der letzten Jahrzehnte in Frankreich zu sein: Eine machtlose Unterschicht, die ausdauernd und mit Wut gegen einen repressiven, die Eliten fördernden Führungsstil kämpft.

Ob sich die Beliebtheit des neoliberalen Macrons steigert, wenn er sich nun auch noch die unabhängige Presse zum Feind macht ? In sozialen Medien werden sogar Vergleiche zu autokratischen Systemen gezogen.

Auf jeden Fall stellt sich langsam die Frage, ob die Pressefreiheit in Frankreich noch seine Gültigkeit besitzt oder ob sie bereits akut gefährdet ist. Die Schutzausrüstungen von Berichterstattern zu zerstören und Journalisten ohne triftigen Grund stundenlang in Gewahrsam zu nehmen, sind jedenfalls Indikatoren für ein Schwinden des Rechts auf freie Berichterstattung.

Dublin : Crise de logement? Les initiatives répondent

Protesters of the Take Back the City Dublin movement are walking down the street. A girl is holding a megaphone. The activists militate for a right to housing.

Irlande. Les logements inoccupés,  loyers élevés et marchands de sommeil poussent de plus en plus de gens à devenir sans-abri. Dublin est particulièrement touchée. Cet été, diverses initiatives populaires ont commencé à émerge et à attirer l’attention sur la crise du logement. Le contexte d’un été d’occupations.

Wiliam Murphy, photographe de Dublin, a vécu en 1979 à San José en Californie, lorsqu’il s’est rendu pour un week-end à San Franscico  et qu’il a vu pour la première fois de sa vie de personnes sans-abris.

Un état choquant et inhabituel pour le photographe car en 1970, son pays de naissance, l’Irlande, garantissait aux gens un toit au-dessus de leur tête. Des nombreux de ses collègues vivaient à Cremlin, à Bellyfermon et à Cabra. Les HLM était en bon état et entretenu. Mais cela changat lorsque l’Etat avait cédé la construction et l’entretien des logements sociaux au secteur privé.

Portobello, Dublin 2, Richmondstreet South- Un quartier avec de nombreuses maisons en ruines. Certains d’entre eux sont occupés temporairement. La photo montre une cour où se trouvent des marchés alimentaires et où sont mises à disposition des murs pour des graffeurs. (Photo : William Murphy / CC BY-SA 2.0)

Après son retour à Dublin en 2007, il a commencé à remarquer le nombre croissant de personnes dormant au centre de la ville, devant les magasins. Dans son environnement professionnel, ses collègues de travail ne le croyaient pas ou prétendaient qu’ils étaient des toxicomanes. Mais depuis, le problème s’est aggravé à un tel point qu’il n’est plus possible d’ignorer le problème des sans-abris.

Grâce à son expérience à l’étranger, Murphy fait des parallèles avec la situation du logement entre San Franscico et Dublin. Selon lui, les deux villes ne sont pas abordables pour la majorité de la population.
L’une des raisons est que seuls les employés du secteur de la haute technologie peuvent s’offrir de nouveaux appartements.
Le problème actuel des sans-abri lui laisse un goût amer. D’autant plus qu’il y a 5 ans, il a lui-même été affecté par un paiement hypothécaire qu’il avait beaucoup de mal à rembourser. Avec son appareil photo, Murphy capture les rues du Dublin d’aujourd’hui.

Lorsque j’étais à Dublin au début du mois de juillet (2018), trois faits ont retenu mon attention : premièrement, les nombreux touristes et étudiants en langues qui ont mené une vie exubérante entre cours d’anglais et vie nocturne. D’autre part, le nombre élevé de sans-abri en contraste avec le nombre de maisons vides et barricadées.

Bâtiments vacants à perte de vue – Ardee Street, Dublin 8 (Photo par William Murphy / CC BY-SA 2.0)

 

Selon les enquêtes gouvernementales et caritatives de “Focus Ireland“, le nombre de sans-abri en Irlande en 2014 était d’un peu moins de 4.000, atteignant près de 10.000 quatre ans plus tard.
Les particuliers et les familles des locataires privés y sont le plus concernés. En octobre, 1 700 familles, dont 3 725 enfants, se sont rendues dans des logements d’urgence.

Mais le nombre de cas non signalés est probablement beaucoup plus élevé, car de nombreuses personnes sont recueillies par leurs amis et leur entourage ( – couchsurfing). Toutefois, ces personnes ne sont pas enregistrées dans les statistiques.

La crise du logement n’a cessé de s’aggraver depuis la crise économique de 2008. L’une des raisons en est la décision législative de réduire les fonds de logement social de 72% entre la crise de 2008 et 2014 et de compter sur les propriétaires privés. De ce fait,le budget est passé de 1,34 milliard à 390 millions.

Pas d’appartements en dépit des nombreuses maisons inoccupées

Action d’affichage des “Irish Housing Networks” (Photo par : Irish Housing Network)

“Honte à vous – cela pourrait être un abri

 

En 2015, le “Dublin Inquierer” a produit une première carte incomplète des bâtiments vides et enregistrât un nombre de 389 unités vides.

La vacance est facile à voir – entre les fenêtres barricadées, les façades délabrées et les hautes barrières. L’année suivante, lorsque la “Housing Agency” a publié un rapport sur les logements inoccupés à Dublin, 38.000 logements vides ont été répertoriés. Selon “The Guardian“, le nombre de logements inoccupés est tombé dès-lors à 30 000 d’ici 2018, mais le nombre de personnes sans domicile fixe a néanmoins augmenté.

Des citoyens n’admettent pas leur défaite et commencent à faire valoir leurs plaintes avec des méthodes créatives. Issu des grasroot movements, l'”Irish Housing Network” (IHN), une association regroupant 14 initiatives locales qui prônent un logement abordable et vivable. Au cours de l’été, ils ont demandé que les logements non occupés dans toute l’Irlande soient signalés par des affiches jaunes. Sur fond jaune, la silhouette d’une famille sous un toit et le lettrage : “Honte à vous – cela pourrait être un abri“.

Le problème des immeubles vides, soit en état désastreux et depuis des années en attente de rénovation, soit inutilisés pour des raisons spéculatives, laisse monter les loyers à Dublin. Une ville lucratif pour les requins de l’immobilier qui font grimper les prix à l’aide des logements inoccupés. Le coût de la vie à Dublin en 2016 était à une position derrière Paris en comparaison avec les villes européennes les plus chères.

Des fournisseurs comme AirBnB enlèvent également l’espace de vie aux irlandais, puisque les propriétaires n’ont pas à respecter la loi classique sur les baux d’habitation et profitent d’une marge élevée. En tant que ville universitaire et d’écoles de langues,  Dublin est particulièrement touchée par cette situation. Mais les 1300 appartements de vacances et les 1100 chambres répertoriés par InsideAirBnB ne sont que la pointe de l’iceberg.

Dans les griffes des “Marchands de sommeil” irlandais

Les propriétaires particulièrement malveillants sont traités d’usurpateurs dans l’usage linguistique sous le terme de ” slumlords “. Il sont la version irlandaise des marchands de sommeil. Ces propriétaires louant des chambres de six à huit lits pour un montant pouvant atteigne 450 euros et plus par personne. Dortoirs de misère et localités non entretenus, les victimes sont surtout des personnes en situation précaire, qui n’ont pas la possibilité de se défendre.

Ceux qui se retrouvent dans une location aussi douteuse, voient rarement le registre de location prescrit par la loi. Dans ce document, les données personnelles du propriétaire doivent être notées, ainsi qu’une liste des prix des loyers précédents apparaissent. Il vise à protéger les locataires contre toute forme d’arbitraire, mais en l’absence d’une application rigoureuse, cette règle n’est pas respectée dans de nombreux cas. Les personnes concernées se trouvent dans un dilemme parce qu’elles dépendent du logement et n’ont pas toujours les moyens de faire valoir leurs droits.

Une petite enquête Twitter (non représentative) menée par le “Dublin Central Housing Action“, qui soutient les personnes ayant besoin d’un logement et appartient au mouvement “TBYCDUblin” (“Take Back Your City Dublin”), a révélé que 87% des 650 répondants n’avaient pas vu de registre de location :

Lutte contre la misère d’hébergement

Slumleaks“, un collectif de personnes affectées s’est réuni sous le thème : “Exposing Irish Slumlords” et rapporte régulièrement sur le harcèlement, les menaces de violence et les expulsions par des propriétaires peu scrupuleux. Le cas Paul Howard Tenant#1 donne un aperçu de la vie quotidienne de Paul Howard, un propriétaire sans scrupule :

Les six locataires du Mountjoy Square à Dublin se retrouvaient soudainement à la rue fin 2018 lorsqu’ils ont été expulsés de leur appartement, le 13 décembre. Le propriétaire avait changé la serrure de la porte d’entrée et avait mis tous leurs biens dans des sacs en plastique dans la rue. Auparavant, ils avaient intenté une action en justice contre leur propriétaire. L’état de l’appartement, avec une fenêtre cassée et des moisissures sur les murs, ainsi que l’augmentation arbitraire du loyer de 650 à 750 euros, était devenu insupportable. L’expulsion, ayant eu lieu en hiver, est classée illégale par le collectif “Slumleaks”.

C’est ainsi que l’une des personnes concernées de Mountjoy Square a raconté à Slumleaks : “Chaque mois, nous collectons ensemble notre loyer et Paul Howard ou un de ses amis vient le chercher – au total 4200 € en espèces. Parfois, il nous demande aussi d’apporter le loyer directement à sa laverie au 60, rue Talbot.”

 

La réponse de Dublin à la crise : #occupy

“Homes not Hostels – Action directe pour attirer l’attention sur la misère de logement. (Photo par : Opendemocracy)

Les militants des mouvements de base utilisent des méthodes d’action directe pour attirer l’attention sur le mécontentement. Les affiches et les campagnes de bannières, ainsi que la distribution de repas régulière et les occupations temporaires, sont des actions menées par des activistes déterminés. L’action directe, qui peut aussi être comprise comme synonyme de désobéissance civile, décrit les possibilités d’utiliser des approches pacifistes pour signaler les problèmes sociaux et initier des débats. Comme dans le cas de “Take Trinity Back”, une manifestation étudiante qui a éclaté en mars :

La direction du Trinity College avait l’intention d’introduire des frais supplémentaires de 450 euros pour repasser les examens. Les étudiants en réponse ont protestés et occupés la salle à manger historique pendant trois jours. Lorsque l’occupation a été dissoute, 1000 étudiants sont venus encourager leurs camarades. La direction de l’université a dû prendre une position conciliante et renonçât à son plan initiale.

L’occupation du bâtiment de l’université avait crée un effet domino… Le printemps était terminé, mais d’autres conflits ne tardaient pas à venir…

 

Le début d’un été d’occupations

Mai. A quelques blocs de Mountjoy Square : Les résidents de cinq maisons de Summerhill Parade 33-39, Dublin 1, sont expulsés de leurs chambres. Ces dernières, de majorité d’origine brésilienne, partageaient le logement avec une vingtaine d’autres personnes par maison mitoyenne, et n’ont pas été en mesure de nommer le propriétaire des maisons dans une interview avec le “Irish Times”. Les résidents ont été soutenus par diverses initiatives locales, dont le “Dublin Central Housing Action”, “Take back Trinity”, “Brazilian Left Front” et quatre autres mouvements locaux.

7 août – En signe de protestation, les groupes commencent à occuper la Summerhill Parade, 35 afin d’attirer l’attention sur les problèmes de logement locaux.

Depuis des mois, le “Dublin Central Housing Action” organise une campagne sur Facebook contre Pat’ODonnel et son fonds d’investissement, le “Co Ltd Retirement and Death Benefit Plan” – un fonds de pension de 67 participants. Début août, un porte-parole a déclaré au Irish Times que les ODonnels n’étaient pas propriétaires des propriétés de la Summerhill Parade. Cependant, à la mi-août, Pat’ODonnel a intenté une poursuite contre les occupants au nom de son fonds.

La vidéo annonce officiellement l’occupation. Dans une section, un activiste revendique le droit de préemption de la ville :

“Assez, c’est assez.
Pat O’Donnel ne devrait plus posséder ces maisons.
Augmentation des loyers, expulsions, mauvaises conditions de logement, personnes vivant dans des maisons surpeuplées sur des lits superposés, séjournant dans des foyers et des hôtels ou dans la rue. Nous entendons tous les jours de quelqu’un qui est affecté par ces circonstances.
Mais il n’y a pas de volonté politique réelle et significative pour s’attaquer à la crise du logement. Nous demandons que les propriétés de Pat’Odonnel à Summerhill Parade soient achetées par la ville et mises à la disposition de la population locale.”

 

17 août – Le tribunal a décidé en faveur de l’expulsion. Les paroles sont ignorées et dix jours plus tard, ils quittent le bâtiment en manifestation. Mais après 750 mètres et quelques virages plus loin, reprennent en possession une maison inoccupée depuis trois ans sur Frederick Street North 34, appartenant à une compagnie d’assurance.

25 août – A l’occasion de la visite du Pape François à Dublin, les militants proclament un “samedi d’action” où la maison est occupée que par des femmes et des enfants. Les activistes y voient un rappel à l’histoire car jusqu’à la fin du XXe siècle des parents isolés et leurs enfants ont dû faire du travail forcé dans les blanchisseries des Îles de la Madeleine. Un traumatisme populaire pour lequel l’État irlandais ne s’est excusé qu’en 2013 auprès de plus de 10 000 personnes.

Après 25 jours – l’expulsion

11 septembre – Deux semaines plus tôt, le tribunal avait de nouveau arbitré en faveur des propriétaires, mais la maison restait occupée. De plus en plus de citoyens soutiennent la TBYCDublin. Lorsqu’un mardi soir vers 19 heures, une camionnette sans plaque d’immatriculation apparaît. Des personnes masquées sortent de la voiture et tentent d’entrer dans la maison. Ces ” garde-côtes privés ” sont ensuite remplacés par le Gardai, la police locale.

Cinq des militants sont amenés au poste de police de la Store Street. Selon le journal “Thejournal“, qui a rapporté en détail l’expulsion, jusqu’à 100 manifestants se sont rassemblés devant la maison. Plus tard, la manifestation s’est déplacée à l’extérieur du poste de police, après quoi trois des militants ont été libérés.

En solidarité avec TBYCDublin, des occupations ont eu lieu dans toute l’Irlande, par exemple à Waterford, où des militants ont squatté pendant 24 heures un bâtiment vide dans la ville.

Un été touche à sa fin, mais la foi de résister reste vivante.

[L’article original a été écrit par Vincent. Traduction Charlotte. Contribution photo Wiliam Murphy.]

Dublin: No housing? Take it back!

Protesters of the Take Back the City Dublin movement are walking down the street. A girl is holding a megaphone. The activists militate for a right to housing.

Ireland. Vacancies, expensive rents and slumlords are driving more and more people into homelessness. Dublin is particularly affected. This summer, various grassroots initiatives began to defend themselves and draw attention to the housing crisis. The background to a summer of occupations.

Wiliam Murphy, photographer from Dublin, lived in San Jose, California, in 1979 when he visited San Franscico on a weekend and witnessed homelessness on the streets for the first time in his life.

For him – shocking and unusual, because in 1970 it was customary for the Irish state to guarantee people a roof over their heads. Many of his colleagues lived in Cremlin, Bellyfermon and Cabra. This was to change, however, when the state handed over the construction and maintenance of social housing to the private sector.

Portobello, Dublin 2, Richmondstreet South- An area with many decaying houses. Some of them are used temporarily. The picture shows a courtyard where food markets are held and outside walls are provided to graffiti sprayers. (Photo by: William Murphy / CC BY-SA 2.0)

After his return to Dublin in 2007 he began to notice the increasing number of people sleeping ruff in front of the shops in the city centre. Back then he fell on atears at his workplace because his colleagues either didn’t believe him or claimed they were drug addicts. But since then the problem has worsened to a point where it is no longer possible to talk down the problem of homelessness.
Thanks to his experience abroad, Murphy has found parallels with the housing situation between San Franscico and Dublin. Both being cities which aren’t affordable for the working-class.

The current homelessness problem leaves him with a bitter aftertaste. Especially since he himself was affected five years ago and had to fight to pay off his mortgage. Five years ago, when he himself was affected by mortgage payments on his apartment, the current situation touched him. Murphy archives the streets of today’s Dublin with his camera.

When I was in Dublin at the beginning of July last year, some situations caught my attention: On the one hand, the many tourists and language students who led an exuberant life between learning English and bar hopping. And on the other hand the high number of homeless and homeless people, who stood in contrast to the huge number of empty and barricaded houses.

Vacancy as far as the eye can see – Ardee Street, Dublin 8th (Photo by William Murphy / CC BY-SA 2.0)

According to the Focus Ireland charity and government surveys, the number of homeless people in Ireland in 2014 was just under 4,000, rising to almost 10,000 in four years. Individuals and families in private tenancies suffer. In October (2018), 1700 families, including 3725 children, went to emergency shelter.
But the number of unreported cases is probably much higher, as many people get caught up in their social network of friends and acquaintances ( – couch surfing). However, these cases are not recorded in the statistics.

The housing shortage has steadily worsened since the economic crisis in 2008. Among other things for the purpose of the legislative decision to cut funds for social housing between the crisis and 2014 by 72% and to bet on private landlords. As a result, the budget fell from 1.34 billion to 390 million euros.

No apartments despite rampant vacancies

In 2015, the Dublin Inquierer produced a first incomplete map of empty buildings. This already included a number of 389 units.

The vacancy is easy to see – between the barricaded windows, decaying facades and high barriers of these buildings. The following year, when the Housing Agency published a vacancy report for Dublin, 38,000 vacant properties were listed. Since then, according to TheGuardian, the number has fallen to 30,000 vacant properties by 2018. Yet the number of homeless people has increased which is why people have to sleep on the streets despite such a large amount of unused residential space.

However, the affected citizens do not admit defeat and begin to point out the grievance by creative methods. The Irish Housing Network (IHN), for example, called in the summer, for vacancies throughout Ireland to be marked with yellow posters. On a yellow background, the outline of a family under a roof is displayed and joined by the sentence: “Shame on you – this could be a home”.

The problem of vacant buildings, which are either in very poor condition and have been waiting for years for a new development or remain unused for speculative reasons, characterises the urban landscape. Dublin, with its high rents, is lucrative for real estate sharks, who are driven up by vacancies.

Providers such as AirBnB also take Irish housing away, as the owners, in addition to a high profit margin, do not have to adhere to the classic tenancy law. Dublin, as a university and language school city, is particularly affected. But the 1300 holiday apartments and 1100 rooms listed by InsideAirBnB are only the tip of the iceberg.

In the clutches of the Irish Slumlords.

Particularly bad landlords are known in linguistic usage as slumlords. They are the Irish version of the French “Marchands de sommeil”. These rental sharks rent rooms with six to eight beds for up to 450 Euros per capita. Mostly this concerns people in precarious situations who do not have the possibility to defend themselves. These overcrowded sleeping quarters are not maintained by the slumlords. Fire protection deficiencies and mould on the walls are part of their everyday lives.

Those who end up in such dubious tenancies rarely receive the prescribed rental book. In this the personal data of the owner must be noted, as well as a listing of the past rent prices show. It is intended to protect tenants from arbitrariness, but in the absence of rigorous implementation, this rule is disregarded in many cases. Those affected find themselves in a dilemma because they depend on accommodation and do not always have the means to assert their rights.

A small Twitter survey conducted by the Dublin Central Housing Action, which supports people in housing need and is part of the TBTC Dublin (“Take Back The City Dublin”) movement, found out that 87% of 650 respondents had not received a rental book:

Determined to face slumlords and rental sharks

Slumleaks a collective of affected people has come together under the motif: “Exposing Irish Slumlords” and reports regularly on harassment, threats of violence and expulsions by unscrupulous slumlords. The case Paul Howard Tenant#1 gives insights into the mundane life of the rental shark Paul Howard:

The six tenants at Mountjoy Square in Dublin 1 found themselves suddenly on the street at the end of last year when they found themselves expelled from their apartment on 13 December. The owner had changed the lock on the front door and put all their belongings in plastic bags on the street. Previously they had gone to court against their landlord. The state of the apartment, with a broken window and mold on the walls, as well a preceding arbitrary rent increase from 650 to 750 Euros, had become too much. The expulsion, which took place in winter, is considered illegal by Slumleaks.

So one of the affected people of Mountjoy Square told Slumleaks about the payment of the rent: “Every month we collect our rent and Paul Howard or one of his friends comes by to collect it – altogether 4200 € in cash..”

Dublins answer to the crisis

“Homes not Hostels” – Pointing on vacant buildings by Direct Action (Photo by: Opendemocracy)

The activists of the grassroots movements use direct action methods to draw attention to the deplorable conditions. Posters and banner campaigns, food distribution and temporary occupations belong to the activities of the militants. Direct action, which can also be understood as a synonym for civil disobedience, describes the possibilities of using pacifist approaches to point out social problems and initiate public debate. As in the case of “Take Trinity Back,” a student protest that broke out in March 2018:

The Trinity College board had intended to introduce additional costs of 450 euros for retaking exams. This was followed by students protesting and occupying the historic “Dinning Hall” for three days. When the occupation was dissolved, 1000 students came and cheered on their fellow students. The university management struck a conciliatory note and let go of his plan. The occupation of the university building represented the first breeze which would spread to the streets of Dublin. Spring was over, but things were already boiling at other places…

The begin of a summer of occupations

May. A few blocks from Mountjoy Square: The residents of five houses in Summerhill Parade 33-39, Dublin 1, were evicted from their rooms. These, who shared the accommodation with up to twenty other tenants per house and are to a large extent of Brazilian origin, were unable to name the owner of the houses in an interview with the Irish Times. The residents were supported by various grassroots initiatives including the Dublin Central Housing Action, Take back Trinity, Brazilian Left Front and four other local movements.

August 7th – In protest, the groups begin to occupy Summerhill Parade 35 and draw attention to the local housing problems.

For months now, the Dublin Central Housing Action has been organising a Facebook campaign against Pat’ODonnel. This and his investment fund, the “Co Ltd Retirement and Death Benefit Plan” – a pension fund of 67 members. At the beginning of August, a spokesman told the Irish Times that the O’Donnels did not own the properties in the Summerhill Parade. However, in mid-August, Pat’ODonnel filed a lawsuit against the occupiers on behalf of his pension fund.

In the video the squat is officially declared, one of the activists gives a speech about the situation of the people and demands a purchase right of the city on Pat O’Donnel’s house.

The words are not heard and ten days later the activists leave the building in a demonstration, marching with a banner: “Build homes, not profits”.

August 17 – The court decided to evict them. 750 metres and a few bends further, the activists from Take back the City (TBTCDublin) marched into a vacant house on Frederick Street North 34, owned by an insurance company and standing empty for three years.

25 August – On the occasion of Pope Francis’s visit to Dublin, activists proclaim a Saturday of action in which the house is occupied exclusively by women and children. The activists see this as a reminder of the fact that single parents and their pupils had to do forced labour in the Magdalenen laundries until the late 20th century. A national trauma for which the Irish state apologised to over 10,000 people as late as in 2013.

After 25 days – Facing the eviction

11 September – Two weeks earlier, the court had once again ruled in favour of the landlords, but the house remained occupied. More and more people are supporting TBTCDublin. Suddenly that Tuesday evening at about seven o’clock, a sprinter with no numberplate on the front appeared and masked persons emerged. The privat hired contractors tried to gain access to the house and only calmed down when the local police arrived and took over.

Five of the activists were brought to the police station on Store Street in a rabid manner. According to the newspaper Thejournal, which reported in detail about the eviction, up to 100 demonstrators gathered in front of the house. Later, the demonstration moved outside the police station, whereupon three of the activists were released. Nevertheless, the house project was ended.

In solidarity with TBTCDublin, squatting took place throughout Ireland, such as in Waterford, where activists held a 24-hour occupation of an empty building in the city.

Berlin: Will law expropriate big players in the housing business?

A big house with a blue sky in the back. A tag is written on the top floor stating: KBR AIG

Is constitutional history being written in Berlin right now?

Is constitutional history being written in Berlin right now? Out of half a dozen initiatives against rising rents, a group of activists has been formed to expropriate the Deutsche Wohnen Aktiengesellschaft (stock corporation) with a petition for a referendum. After all, this is the largest urban condominium owner. The first procedural step, the collection of 20,000 signatures, has not yet been completed. However, due to the large demand of helpers, the process should start earlier than planned, on April 6, 2019. The initiative is already attracting attention from everywhere.

The initiative does not come by chance. Rent increases and renovation announcements have flooded the neighbourhoods in the past few years. Lefties economists see a perfidious tactic in the behavior of the German living: The real estates would be down-managed deliberately, in order to cause a fundamental reorganization. Those costs can be shifted contrary to expenses for maintenance, by rent increases on the tenant.

Can the Constitutional Law help?

Once again well gone. Berlin exercises its advanced sellingright at the Karl Marx avenue. (Symbol picture: borisindublin / CC BY NC-ND 2.0)

The man behind the initiative: Rouzbeh Taheri. At the age of 14, he fled Iran to West Berlin. He built up everything himself. Today, he is being offered jobs in politics and administration. But he resigned from the Linke (political party) when this party, in coalition with the SPD, pushed the privatization of municipal property. To this day, he remains true to his principles: electricity, water, education, health – and housing, these elements should be available to everyone. As extreme as the demands may sound, they are all about everyday needs. In return, the Initiativkomitee von Deutsche Wohnen Enteignen (Initiative Committee of German Housing Expropriation) would like to refer to Article 15 of the Constitutional Law on Property – which has never been applied since the founding of the Federal Republic of Germany.

This has its reasons, according to Karlheinz Knauthe, a top lawyer of the Berlin real estate industry. An expropriation would only be initiated if all other means had failed before. In this case for example it includes a tightening of the rent laws, otherwise administrative or criminal proceedings can also be taken against the market excesses. Knauthe is certain that the so-called “socialisation” demanded by the initiative will not take place. And if it does, the state of Berlin would have to buy the apartments at market value. Completely overpriced, and a good subsidy into the treasury of the Deutsche Wohnen.

With the help of lawyers, the initiators have drawn up a draft law that at first glance fulfils all the criteria. Although they refer to Article 15, nothing can be done without Article 14, the compensation clause. The compensation should be regulated by law. In addition, an institution under public law (AöR) should be established with the aim of “providing the urban population with housing at affordable rents”.

The political hustle and bustle

Between Public Interests and Private Economic Power: The Berlin Senate. The red-red-green government is pressured by more than ever, and for good reason. Deutsche Wohnen owns 100,000 apartments in Berlin; each individual tenant is a potential voice for the initiative. All coalition parties in the Senate are now supporting the nationalization of private real estate.
Not only Deutsche Wohnen, but also other private real estate companies like Vonovia might be expropriated – that would be in the interest of the initiators, since they are already striving for the expropriation of the five largest Berlin housing companies.
The executive committee of the Charlottenburger building cooperative, Dirk Enzesberger, sees a danger for the existing economic order and the prosperity of the republic. According to his estimation the Deutsche Wohnen acts according to right and law, and a nationalization of private property would mean a deep interference into the fundamental rights. David Eberhart, speaker of the Association of Berlin-Brandenburg Housing Companies, has a different point of view of the problem: the high demand and the low supply, which can only be counteracted by building and rebuilding.

Is that a coincidence? Vonovia sells all its shares of Deutsche Wohnen.

From an economic point of view, expropriation would be a factor that could lead private constructors/owners to look for a more pleasant place to live than Berlin. “A serious danger for the further development of the city,” declares Beatrice Kramm, President of the Chamber of Industry and Commerce.

Rouzbeh Taheri and his countless supporters, however, do not seem as if they are about to give up. It is serious for them, because it is a topic that affects the people directly. They are supported by existing tenant associations such as “Kotti & Co” or “NKZ”, which protested against the re-municipalisation of the approximately 300 apartments in the “Neuen Kreuzberger Zentrum“.

This article is a translation of the original, which appeared in german under the title :“Berlin : Deutsche Wohnen und Co enteignen”.