Paris : Quand la rue se fait entendre – Black Lines et les Gilets Jaunes

Streetart-mural. On a length of 10 meters the french artist Vince realized a hand holding a huge sign. On it written stands: Auto-Censure.

Le mouvement des Gilets Jaunes a un fort besoin de s’exprimer. Qu’il s’agisse de manifestations avec des signes et des déguisements colorés – ou encore de tags sur les murs. La scène graffiti profite bien sûr de l’occasion pour se faire entendre dans la rue, et c’est ainsi que divers artistes se sont rencontrés dans la communauté Black Lines pour créer des murs socialement critiques dans le contexte des gilets jaunes. Le jam-graffiti a eu lieu en mai sur la rue Ordener dans le 18e arrondissement au nord de Paris.

Au début de l’année, Black Lines avait déjà sorti un premier mur avec différents artistes. A cette époque, le thème principal était “hiver jaune”. Cependant, l’administration du 19e arrondissement a réagi rapidement et a fait repeindre le mur en gris. La fresque montrant le boxeur Christophe Dettinger, réalisée par l’artiste Skalp, est l’un des tableaux qui a suscité la controverse à l’époque. Dettinger avait repoussé la police sur un pont à Paris avec des coups de poing.

Est-ce qu’il y a une sorte de complot ici ? Les Black Lines se rencontrent à nouveau à l’Ordener.

L’action de la ville est cependant perçue par les artistes comme une censure. Il est clair que les artistes ne toléreront pas cela – et c’est la voie à suivre pour le prochain tour. Dans la fresque de Monsieur Plume /RC/OTM, des personnages recouverts de noir se rassemblent autour d’une table sur laquelle se trouve un livre rouge qu’une personne semble tenter de prendre. Le regroupement des figures masquées noires donne l’impression qu’une conspiration est en cours. À gauche, une bombe à aérosol isolée sur la table, à droite un homme masqué avec une batte est assis à côté d’une personne debout qui prend le plancher. On ne sait pas de quoi ces gens discutent. En revanche, le thème principal de la Black Lines Edition se distingue clairement : la censure et la liberté d’expression. Également présents : Slyz, bricedu, Torpe et Vince.

La Violence

Les graffeurs sortent les bombes – l’état sort le Karcher.”

La violence récurrente est un grand sujet parmi les militants de ce mouvement social. L’artiste Slyze (à droite) s’y réfère avec sa création, une photo d’après Bsaz. La photo montre un policier qui semble avoir frappé un manifestant avec un gourdin. “Résistance” est écrit sur son dos. La banderole rouge en arrière-plan, qui s’élève devant des nuages noirs de fumée, dit : “Les tagueurs sortent les bombes de peinture” – Un appel à tremper la ville dans la peinture et à désobéir ? En combinaison avec l’acte de violence dans l’image, l’allusion au dispositif de nettoyage à haute pression peut sembler déconcertant.

Le fait est que des équipes de nettoyage se chargent du nettoyage dans les heures qui suivent les grandes manifestations. Comme ce fut le cas le 1er mai, lorsque des cartouches de grenades vides des Flashbangs (GLI-F4) des cartouches de gaz lacrymogène, ainsi que des balles en caoutchouc, ont été nettoyées en tout premier. Viennent ensuite les transporteurs dans lesquels les montagnes de déchets sont ramassées. Le lendemain, les premiers taggs disparaissent des murs et des paravents en bois des magasins et forment des motifs patchwork dans la façade. Certaines rues sont maintenues si propres qu’après quelques jours, toute trace d’appropriation de l’espace disparaît. Urbanauth a pu voir le Kärcher en action le dimanche après le 16 mars, lorsque des convois de nettoyeurs ont tenté de réparer les dégâts aux Champs-Elysées à l’hâte.

La photo de gauche représente Marianne, conçue par l’artiste Torpe. La Marianne est une figure symbolique de la Révolution française. Son visage sinistre, le drapeau français dans une main et un fusil dans l’autre, elle se retrouve entourée de journalistes. Ils l’harcelènt de questions : “C’est actes violence, les condamnez-vous ? “Les autorités, les condamnent-vous ?” “Condamnez la violence”.

Ce travail sociocritique peut être compris comme une représentation de la pression publique sur les manifestants. Marianne, qui aime la liberté, se retrouve tourmentée et doit se justifier auprès de la presse pour cette violence. Ainsi, selon elle, la violence la plus grave vient de l’État même, sous forme de violence physique : pendant les manifestations ou dans les banlieues, mais aussi sous forme psychologique : Comme la réduction des prestations de sécurité sociale et des retraites ou la fermeture de lieux publics et le sentiment de ne pas être entendu par les hommes politiques.

Les médias

Autocensure – en extra large – pour que personne ne puisse l’ignorer

Dans le chef-d’œuvre du sprayeur parisien Vince, deux mains tiennent un panneau rouge d’une longueur de dix mètres sur lequel est écrit “autocensure”. La phrase ci-dessous dite : “Cette fois, l’administration municipale ne la fera pas disparaître…” qui fait allusion à l’administration municipale qui a repeint le mur en gris après la dernière réunion de Black Lines. En bas dans le coin droit, le graffeur a écrit dans un ton sarcastique : “Enrichi par le contrôle social”.
Dans la série d’images, nous pouvons voir la teille complète de la fresque. En haut, il est précisé : “Sans l’effet Barbara Streisand – c’est garanti”. L’effet Barbara Streisand est une information indésirable, dont les tentatives de dissimulation ne font que rendre l’information d’autant plus connue. Cet effet n’est pas nécessaire pour cette œuvre d’art, car les passants réagissent tous sauf indifférents. Ils profitent de l’occasion pour se prendre en photo d’eux avec “l’autocensure”.

Le comportement des médias à l’égard du mouvement social est également fortement critiqué. Alors que les émeutes contre les policiers tendent à être au centre de l’attention des médias, les actes de violence contre les manifestants sont beaucoup moins abordés. Le journaliste indépendant David Dufresne recueille des témoignages et du matériel vidéo sur la violence policière depuis le début du mouvement Gilets-Jaunes. Il a recensé 803 violations fin mai. Le nombre de blessés depuis novembre dépasse désormais la barre des 2000.

Une femme passe devant le Graffiti-Wall de la rue Ordener dans le XVIIIème arrondissement de Paris.

“Les Medias vivent quand la rue meurt. C’est une info, pas une rumeur!”

La femme sur la photo – où va-t-elle en ce moment ? – passe devant un téléviseur. Une minuterie indique les chiffres 13:12, tandis que les fils électriques à côté du bol mènent aux barres de dynamite. L’appareil contient trois carottes avec des plaques identificatoires en dessous : Une est dédiée à TF1, qui appartient au groupe Bouygues, une à CNEWS, qui est liée au groupe Bolloré, et la dernière à BFM(-TV). Ces trois chaînes de télévision appartiennent à des investisseurs privés. Parmi eux, la crème de la crème de l’élite économique française : Vincent Bolloré, Martin Bouygues….

Ce n’est pas pour rien qu’une inscription en haut de la page dit : “Les médias vivent quand la rue meurt. C’est de l’information. Pas de rumeur !” Car si les samedis des émeutes du 1er, 8 décembre 2018 et 16 mars 2019, les chiffres d’audience des chaînes de télévision ont franchi le plafond et que les présentateurs se sont échauffés, il faut noter que tous les médias ne sont pas détestés. En effet, les Gilets Jaunes respectent les journalistes indépendants intimidés par l’État. Nous en avons fait rapport.

Qu’adviendra-t-il de la liberté d’expression et de la liberté de la presse ?

Le panneau “Place à la liberté d’expression” est entouré de barbelés sur l’image de gauche. Deux caméras de surveillance montrent symboliquement la surveillance croissante, tandis qu’un petit ours souriant de façon espiègle est assis sous le panneau et tient une grenade dans sa main. En tant que spectateur, on est tenté de se poser la question de savoir quand la grenade pourrait exploser.

La guillotine, une invention de la Révolution française, est une hache avec laquelle le roi Louis XVI fut décapité. Sur l’image de gauche, il est pointé vers un crayon portant le nom de l’association organisatrice. Alors que le premier graffiti a été peint en gris par l’administration municipale sous la devise “Hiver Jaune“, le dernier graffiti a été consacré à la liberté d’expression.

Les artistes ont été attaqués en leur honneur – mais l’insatisfaction n’est pas seulement remarquée de la part de la scène graffiti. Dans une lettre ouverte début mai, le collectif YellowSubmarine a appelé à la solidarité avec les mouvements de protestation sociale et à ne pas détourner le regard aux actes de violence. Le collectif est composé d’artistes de diverses disciplines. Leur pétition compte désormais plus de 26 000 signatures.

Quelqu’un est bien en colère. 600 millilitres de jaune plein dans la figure.

Et même l’artiste, qui est probablement Koz1, semble avoir perdu patience avec l’État. Dans des vêtements hip-hop, son singe en colère fourre dans la bouche d’un président caricaturé une bombe de 600 millilitres – bien sûr en jaune fluo. Le graffiti “GJ” à l’arrière-plan, les initiales du mouvement. Sur la cravate détachée de l’homme d’État maltraité : “L’art est public. En marche arrière.” Cette dernière phrase contraste avec le nom du parti au pouvoir : “La République en marche” (/LREM). Une déclaration qui pourrait être liée à des mesures de réduction budgétaire dans les domaines de l’éducation et de la culture, ainsi qu’à une dégradation perçue des conditions de travail.

Mais…

…quelqu’un a encore un mot de plus à taguer

Graffiti ? Gilets jaunes ? – Okay

Mais ici ? – Mauvaise adresse

TPK, entre autres connu sous le nom de The Poor Kids – l’une des crews de graffiti les plus célèbres de la capitale française, n’était pas entièrement d’accord avec Black Lines. Les membres de cette équipe : Relax, Craze, Eby, Keas, Keas, Blod, eyome, Knyze, dkc l’ont montré quelques jours après l’événement. Le Hall of Fame de la rue Ordener est connu pour appartenir aux equipes de taguers établies depuis longtemps. Les blanc-becs et les étrangers ne sont pas bien vus. Même si la scène graffiti est proche du mouvement Gilets-Jaunes car la foule imprévisible cache les tagueurs. Et même si la ville devient pour eux un terrain de jeu le samedi, les murs de la rue Ordener sont d’une grande importance pour ces équipes établies. Correspondant au sujet la première image montre une œuvre peinte en jaune et dans un style bouillonné. Le message dit : “La révolution est la révélation à l’horizon”.

Dans la deuxième image, la déclaration de l’artiste Adam Yuul a également été épargnée. En rouge, il met en garde contre trois épidémies : Castagnitis, Rugyole et Pénicose. La première fait référence à Christophe Castagner, ministre de l’Intérieur et chef du parti LREM, et les deux autres au ministre de l’Environnement, François de Rugy, et Muriel Pénicaud, ministre du Travail. En rapport avec les revendications :
L’Intérieur – qui évoque la violence policière, les détentions provisoires.
L’écologie – que Macron a promue sans succès dans son programme électoral.
Le travail – l’un des motifs fondamentaux de la création des Gilets Jaunes est la baisse du pouvoir d’achat ainsi que les salaires et les grandes différences structurelles dans le pays.
La fresque peut être comprise comme une critique de l’orientation économique néolibérale du parti au pouvoir. Pour cette raison, l’artiste prévient finalement de ne pas quitter la maison sans la veste jaune.

L’article est disponible en anglais et allemand. Les images ont été prises par Urbanauth.

Paris: When the street speaks out – Black Lines

Streetart-mural. On a length of 10 meters the french artist Vince realized a hand holding a huge sign. On it written stands: Auto-Censure.

The movement of the Gilets Jaunes has a strong will to express itself. Be it in demonstrations, through colourful signs and disguises – or taggs on the walls. The graffiti scene, of course, uses the opportunity to give the street a voice, and so various artists met in the Black Lines community to create socio-critical walls in the context of the Yellow Vests. The graffiti jams took place in May on Rue Ordener in the 18th arrondissement north of Paris.

At the beginning of the year, Black Lines had already realized a long wall with various artists. At that time the main theme was “hiver jaune”, which means yellow winter. However, the administration of the 19th district reacted quickly and had the wall painted grey. One of the images that stirred up controversy was the fresco showing the boxer Christophe Dettinger, created by artist Skalp. Dettinger had pushed the police back on a bridge in Paris with fist blows.

Is there some kind of conspiracy here? The Black Lines meet again at the Ordener.

The reaction of the city, however, is perceived by the artists as censorship. It is obvious that the artists won’t put up with this – and so it goes into the next round. In the fresco by Monsieur Plume /RC/OTM, black-clad figures gather around a table on which there is a red book that a person seems to be reaching for. The grouping of black masked figures gives the impression that a conspiracy is in progress. To the left, there is an isolated spray can on the table, while on the other side, a masked man with a bat is sitting next to a standing person taking the floor. What these people are discussing is not known. However, the leading theme of the Black Lines Edition clearly stands out: censorship and freedom of expression. Also present: Slyz, bricedu, Torpe and Vince.

Violence

“Les graffeurs sortent les bombes – l’état sort le Karcher.”

The sprayers get the paint bombs – The state the Kärcher by Slyz

The weekly recurrence of violence is a major issue among the supporters of this social movement. This is addressed by the artist Slyze (right) with his picture, a photo after Bsaz. The photo shows a policeman who seems to hit a demonstrator with a bat. “Resistance” is written on his back. The red banner in the background, which rises in front of black clouds of smoke, says: “The sprayers get out the paint bombs” – An appeal to dip the city in paint and to be civil disobedient? On the lower lettering it says: “The state gets the Kärcher out” – In combination with the act of violence in the picture, the allusion to the high-pressure cleaning device can seem confusing.

The fact is that cleaning crews clean up in the hours after the major demonstrations. As was the case during 1 May, when the empty grenade shells of the Flashbangs (GLI-F4) and tear gas cartridges, as well as rubber bullets, were cleaned up first and foremost. This is followed by transporters in which the mountains of waste are collected. The next day, the first tags disappear from the walls and wooden screens of the shops and form patchwork patterns in the facade. Some streets are kept so clean that after a few days all traces of any space appropriation disappear. Urbanauth was able to see the Kärcher in action on the Sunday after 16 March, when convoys of workers tried to repair the damage to the Champs-Elysees in a hurry.

On the left picture you can see the image of a Marianne, which was designed by the artist Torpe. The Marianne is a symbolic figure of the French Revolution. Her face grim, holding the French flag in one hand and a rifle in the other, she finds herself surrounded by journalists. They seem downright condemning, as they ask: “The escalations of violence, do you condemn them? “So the acts of violence, do you condemn them?” “Do you condemn the violence?“.

This socio-critical work can be understood as a representation of the public pressure on the demonstrators. Freedom-loving Marianne finds herself in distress and has to justify the violence to the media. Thus, in her opinion, the most severe violence comes from the state itself, in the form of physical violence: during the demos or in the suburbs, but also in psychological form: Such as cuts in social security benefits, pensions or the closure of public places and the feeling of not being heard by politicians.

The Media

  • Streetart-mural. On a length of 10 meters the french artist Vince realized a hand holding a huge sign. On it written stands: Auto-Censure.
  • Full view of the 10 meters long street art realized by Vince at the Rue Ordener in 2019. Two hands are holding a red sign on which is written: Autocensure.
  • In this street art mural a girl and a man with yellow vests and grim faces are in motion. A tag in french says: Strength to the following generations

In the masterpiece of the Parisian sprayer Vince, two hands hold a red sign on a ten-meter-long surface on which “auto censorship” is written. The sentence below says: “This time the city administration won’t make it disappear…“. And it probably alludes to the action of the city administration when the last Black Lines meeting was overpainted in gray. Below right one reads sarcastically: “Enriched with social control”. In the picture series the complete size of the fresco can be seen. At the top it says: “Guaranteed without Barbara Streisand effect“. The Barbara Streisand effect is unwanted information, whose cover-up attempts only lead to the information becoming all the more well-known. This effect is not required for this work of art, because: The passers-by react anything but indifferent. They use the opportunities to picture themselves with “auto censorship“.

The behavior of the media towards the social movement is also strongly criticized. While riots against police officers tend to be the focus of the media, acts of violence against demonstrators are much less strongly addressed. The independent journalist David Dufresne, who has been collecting testimonies and video material on police violence since the beginning of the Gilets-Jaunes movement, comes up with no less than 803 violations at the end of May. The number of injured since November now exceeds the 2000 mark.

A woman walks past the Graffiti-Wall at the Rue Ordener in the XVIIIeme Arrondissement of Paris.

“Les Medias vivent quand la rue meurt. C’est une info, pas une rumeur!”

The media live when the road dies. That’s an information, not a rumour!

The woman in the picture – where she’s on her way? – runs past a television set drawn in thin black lines. A timer shows the numbers 13:12, while wires on the side bowl lead to dynamite rods. The device contains three carrots with name plates underneath: One for TF1, which belongs to the Bouygues group; one for CNEWS, which is linked to the Bolloré group; and the last one goes to BFM(-TV). These three television channels are owned by private investors. Among them are the crème de la crème of the French business elite: Vincent Bolloré, Martin Bouygues…

It is not for nothing that a lettering chants on the top page: “The media live when the street dies. That’s info. No rumor!“. Because while on the riot Saturdays of December 1, 8, 2018 and March 16, 2019 the viewer numbers at the TV stations went through the ceiling and presenters ran hot. It should be noted that not all media are hated. The Gilets Jaunes respect independent journalists who are intimidated by the state. We reported about it.

What will happen to freedom of expression and freedom of the press?

The street sign ” Square for freedom of opinion”, a glued poster, is surrounded on the left picture by barbed wire. Two surveillance cameras point symbolically to the rising surveillance, while a small, mischievously smiling bear sits under the sign and holds a grenade in his hand. As a mere spectator one is tempted to ask oneself, when the grenade might go off.

The guillotine, an invention from the time of the French Revolution, is an ax with which the King Louis XVI, among others, was beheaded. In the left picture it is pointed at a pencil with the name of the organizing association on it. While the first graffiti jam was painted gray by the city administration under the motto “Yellow Winter”, the focus of the last jam is on freedom of expression.

The artists were attacked in their honor – but the dissatisfaction is not only noticeable on the part of the graffiti scene. In an open letter at the beginning of May, the YellowSubmarine collective called for solidarity with social protest movements and not to look away from the acts of violence. The collective consists of artists from various disciplines. Their petition now has over 26,000 signatures.

Well, someone’s angry. 600 milliliters of neon yellow in the face.

And even the artist, who may be Koz1, seems to have lost patience with the state. In his hip-hop clothes, his angry monkey stuffs a 600 milliliter high pressure spray can into the mouth of a caricatured president. Of course in neon yellow. The groovy “GJ” graffiti in the background, the initials of movement. The tie that blows away from the maltreated statesman says: “Art is public. March back.” The “En marche arrière” contrasts with the name of the ruling party: “La République en marche” (/LREM), which can be roughly translated as “The Republic in Motion”. An announcement that may have to do with cuts in the budget for education and culture, as well as a perceived degradation of working conditions.

However…

Somebody’s got one more word to spray.

Graffiti? Gilets Jaunes? – Okay
But here? – Wrong address

TPK, also known as The Poor Kids – one of the most notorious graffiti crews in the French capital – did not quite agree with Black Lines. The crew members: Relax, Craze, Eby, Keas, Blod, eyome, Knyze, dkc showed this a few days later after the event. The Hall of Fame on rue Ordener is known to belong to the old-fashioned sprayer crews. Greenhorns and strangers are undesirable. Even though the graffiti scene is close to the Gilets-Jaunes movement, as the unpredictable crowd covers the sprayers. And even though the city becomes a playground for them on Saturdays, the walls along rue Ordener are of great importance to the local crews. In the first picture, the work is sprayed in yellow and careless letter styles, matching the theme. The spared message says: “The revolution is the revelation on the horizon“.

In the second picture the statement of the artist Adam Yuul has also been spared. In red letters he warns of three epidemics: Castagnitis, Rugyole and Penicose. The first one refers to Christophe Castagner, Minister of the Interior and leader of the LREM party, while Francois de Rugy, Minister of the Environment, and Muriel Pénicaud, Minister of Labour, are named. In connection with the demands: Interior – think of the police violence and provisional detention and surveillance. Ecology – which Macron promoted in his electoral program without success. Work – one of the basic motives for the creation of the Gilets Jaunes is the decreasing purchasing power combined with wages and the large structural differences in the country. The fresco can be understood as a criticism of the neoliberal economic orientation of the ruling party, which is why the artist finally warns not to leave the house without the yellow vest.

The article is available in German and French. Images by Urbanauth.
Note: The lettering and quotations on the walls have been freely translated and adapted to English. The image interpretation is only one of several possible perspectives.

Paris: Wenn die Straße spricht – Black Lines

Streetart-mural. On a length of 10 meters the french artist Vince realized a hand holding a huge sign. On it written stands: Auto-Censure.

Die Bewegung der Gilets Jaunes hat ein starkes Bedürfnis sich auszudrücken. Sei es bei Demos durch bunte Schilder und Verkleidungen – oder Taggs an den Wänden. Die Graffiti-Szene nutzt natürlich die Gelegenheit, der Straße eine Stimme zu verleihen, und so trafen verschiedene Künstler in der Black Lines Community zusammen, um sozialkritische Wände im Kontext der Gelb-Westen zu gestalten. Die Graffiti-Jam fand im Mai an der Rue Ordener im 18. Arrondissement im Norden von Paris statt.

Zu Beginn des Jahres hatte Black Lines bereits eine erste lange Wand mit verschiedenen Künstlern gestaltet. Damals war das Leitthema “hiver jaune”, welches gelber Winter bedeutet. Jedoch reagierte die Verwaltung des 19. Bezirks schnell und ließ die Wand grau überstreichen. Eines der Bilder, welches damals Polemik schürte, war die Freske des Boxers Christophe Dettinger, das von dem Künstler Skalp realisiert wurde. Dettinger hatte auf einer Brücke in Paris die Polizei mit Fausthieben zurückgedrängt.

Ist hier etwa eine Verschwörung im Gange ? Black Lines trifft sich wieder an der Ordener.

Die Handlung von der Stadt wird jedoch von den Kunstschaffenden als Zensur wahrgenommen. Klar, dass sich dies die Künstler nicht gefallen lassen – und so geht es in die nächste Runde. In der Freske von Monsieur Plume /RC/OTM versammeln sich schwarz verhüllte Gestalten um einen Tisch, auf welchem ein rotes Buch liegt, nach dem eine Person zu greifen scheint. Die Gruppierung schwarz vermummter Gestalten geben den Anschein, als ob eine Verschwörung im Gange ist. Zum linken Rand liegt eine vereinzelte Sprühdose auf dem Tisch, während auf der anderen Seite ein Vermummter mit Schläger neben einer stehenden Person sitzt, die das Wort ergreift. Worüber diese Personen diskutieren ist nicht zu erfahren. Dafür aber hebt sich das leitende Thema der Black-Lines Edition deutlich hervor: Zensur und Meinungsfreiheit. Mit dabei: Slyz, bricedu, Torpe und Vince.

Die Gewalt

“Les graffeurs sortent les bombes – l’état sort le Karcher.”

Die Sprüher holen die Farbbomben – Der Staat den Kärcher by Slyz

Die allsamstäglich wiederkehrende Gewalt ist ein großes Thema unter den Anhängern dieser Sozialbewegung. Dies spricht der Künstler Slyze (rechts) mit seinem Bild, einem Photo nach Bsaz, an. Auf diesem ist ein Polizist zu sehen, welcher mit einem Knüppel auf einen Demonstranten einzuschlagen scheint. “Resistance” steht auf seinem Rücken geschrieben. Die rote Banderole im Hintergrund, welche sich vor schwarzen Rauchschwaden emporhebt, sagt aus: “Die Sprüher holen die Farbbomben raus” – Ein Aufruf, die Stadt in Farbe zu tauchen, und zivil ungehorsam zu sein? Auf dem unteren Schriftzug steht: “Der Staat holt den Kärcher raus” – In Kombination zum Gewaltakt auf dem Bild kann die Anspielung auf das Hochdruckreinigungsgerät verwirrend erscheinen.

Fakt ist, dass Putzkolonnen in den Stunden nach den Großdemonstrationen aufräumen. So wie während dem 1. Mai, als direkt an erster Stelle die leeren Granatenhüllen der Flashbangs (GLI-F4) und Tränengaskartouschen, aber auch Gummigeschosse aufgeräumt wurden. Dem folgen dann Transporter, in denen die Berge an Abfall gesammelt werden. Am nächsten Tag verschwinden dabei bereits die ersten Taggs von den Wänden und Holzabschirmungen der Geschäfte und bilden Flickenmuster in der Fassade. Manche Straßenzüge werden dabei so sauber gehalten, dass nach einigen Tagen alle Spuren jeglicher Raumaneignungen verschwinden. Den Kärcher konnte Urbanauth dabei am Sonntag nach dem 16. März in Aktion sehen, als Arbeiterkolonnen die Schäden an den Champs-Elysees im Eiltempo zu reparieren versuchten.

Auf dem linken Bild ist das Abbild einer Marianne zu sehen, welches von dem Künstler Torpe gestaltet wurde. Die Marianne ist eine Symbolfigur der französischen Revolution. Das Gesicht grimmig, in einer Hand die französische Flagge und in der anderen ein Gewehr haltend, findet sie sich von Journalisten umringt. Geradezu verurteilend scheinen sie, wie sie fragen: “Die Gewaltausschreitungen, Verurteilen Sie sie?” “Also die Gewalten, verurteilen sie die?“Verurteilen Sie die Gewalt“.

Dieses gesellschaftskritische Werk kann als Darstellung des öffentlichen Druckes auf die Demonstranten verstanden werden. Die freiheitsliebende Marianne gerät in Bedrägnis und hat sich vor den Medien für die Gewalt zu rechtfertigen. So kommt ihrer Meinung nach die schwerste Gewalt vom Staat selbst, in Form von physischer Gewalt: während den Demos oder in den Vororten, aber auch in psychischer Form: Wie etwa bei Kürzungen von Sozialhilfen, der Rente oder der Schließung von öffentlichen Anlaufstellen und dem Gefühl, von der Politik nicht gehört zu werden.

Die Medien

In dem Meisterwerk des Pariser Sprühers Vince halten auf eine zehn Meter lange Fläche zwei Hände ein rotes Schild, auf dem “Autozensur” geschrieben steht. Der Satz darunter besagt: “Diesmal wird es die Stadtverwaltung nicht wegmachen…“. Und spielt damit wohl auf die Aktion der Stadtverwaltung an, als die letzte Black Lines Zusammenkunft grau übermalt wurde. Unten rechts liest sich sarkastisch: “Angereichert an sozialer Kontrolle”. In der Bildserie ist die vollständige Größe der Freske zu sehen. Oben steht dabei: “Garantiert ohne Barbara Streisand Effekt“. Beim Barbara Streisand Effekt handelt es sich um eine unerwünschte Information, deren Vertuschungsversuche nur dazu führen, dass die Information umso bekannter wird. Dieses Effekts bedarf es dabei bei diesem Kunstwerk nicht, denn: Die Passanten reagieren alles andere als gleichgültig. Sie nutzen die Gelegenheiten, sich mit der “Autozensur” abzubilden.

Das Verhalten der Medien gegenüber der Sozialbewegung steht dabei auch stark in der Kritik. Während Ausschreitungen gegenüber Polizisten im Fokus der Medien zu stehen pflegen, werden Gewalttaten gegenüber Demonstrierenden deutlich weniger stark thematisiert. Der unabhängige Journalist David Dufresne, welcher Zeugenaussagen und Videomaterial zur Polizeigewalt seit dem Beginn der Gilets-Jaunes Bewegung sammelt, kommt Ende Mai auf nicht weniger als 803 Verstöße. Die Anzahl der Verletzten seit November übersteigt dabei inzwischen die 2000er-Marke.

Eine Frau läuft an der Graffiti-Wall an der Rue Ordener im XVIIIeme Arrondissement von Paris vorbei.

“Les Medias vivent quand la rue meurt. C’est une info, pas une rumeur!”

Die Medien leben, wenn die Straße stirbt. Das ist eine Info, kein Gerücht!

Die Frau auf dem Bild – wohin sie wohl gerade unterwegs ist? – läuft an einem in dünnen schwarzen Linien gezogenen Fernseher vorüber. Ein Timer zeigt die Ziffern 13:12 an, während Drähte an der seitlichen Schale zu Dynamitstangen führen. Im Gerät liegen drei Karotten mit Namensschildern darunter: Eine für TF1, welche der Gruppe Bouygues gehört; eine ist für CNEWS, die in Verbindung zur Gruppe Bolloré steht; und die letzte geht an BFM(-TV). Diese drei Fernsehsender gehören privaten Investoren. Mit darunter versammelt die Crème de la Crème der französischen Wirtschaftselite: Vincent Bolloré, Martin Bouygues…

Nicht umsonst skandiert ein Schriftzug auf der oberen Seite: “Die Medien leben, wenn die Straße stirbt. Das ist eine Info. Kein Gerücht!“. Denn während an den Krawallsamstagen des 1., 8. Dezember 2018 und 16. März 2019 die Zuschauerzahlen bei den Fernsender durch die Decke gingen und Moderatoren heiß liefen, gilt es anzumerken, dass nicht alle Medien verhasst sind. So haben die Gilets Jaunes Respekt vor unabhängigen Journalisten, welche von staatlicher Seite eingeschüchtert werden. Wir berichteten darüber.

Was wird aus der Meinungs- und Pressefreiheit?

Das Straßenschild “Platz für die Meinungsfreiheit”, einem aufgeklebten Poster, ist auf dem linken Bild von Stacheldraht umgeben. Zwei Überwachungskameras deuten dabei sinnbildlich auf die steigende Überwachung, während ein kleiner, schelmisch lächelnder Bär unter dem Schild sitzt und eine Granate in der Hand hält. Als Zuschauer ist man versucht sich zu fragen, wann diese wohl hochgeht.

Bei der Guillotine, einer Erfindung aus den Zeiten der französischen Revolution, handelt es sich um ein Fallbeil, mit dem unter anderem der König Ludwig XVI geköpft wurden. Dieses ist im linken Bild auf einen Bleistift gerichtet, auf dem der Name des veranstaltenden Vereins steht. Während die erste Graffiti-Jam unter dem Motto: “Gelber Winter” von der Stadtverwaltung grau überstrichen wurde, liegt der Fokus der letzten Jam auf der Meinungsfreiheit.

Die Künstler wurden in ihrer Ehre angegriffen – doch nicht nur von Seiten der Graffiti-Szene ist die Unzufriedenheit spürbar. In einem offenen Brief Anfang Mai rief das Kollektiv YellowSubmarine dazu auf, sich mit sozialen Protestbewegungen zu solidarisieren und nicht vor den Gewalttaten wegzuschauen. Das Kollektiv besteht aus Künstlern verschiedener Disziplinen. Ihre Petition verzeichnet inzwischen über 26.000 Unterschriften.

Da ist aber jemand wütend. 600 Milliliter Neongelb ins Gesicht.

Und auch der Künstler, bei dem es sich möglicherweise um Koz1 handelt, scheint die Geduld mit dem Staat verloren zu haben. So stopft in Hip-Hop Kleidung sein wütender Affe einem karikaturesken Präsidenten eine 600- Milliliter High Pression-Sprühdose in den Mund. Natürlich in Neongelb. Das fetzige “GJ“-Graffiti im Hintergrund, die Initialen der Bewegung. Auf der vom malträtierten Staatsmann weg-wehenden Krawatte steht: “Kunst ist öffentlich. Marsch zurück.” Das “En marche arrière” nimmt dabei Gegenstellung zum Namen der regierenden Partei: “La République en marche” (/LREM), welches näherungsweise mit “Die Republik in Bewegung” übersetzt werden kann. Eine Ansage, die möglicherweise in Bezug zu den Kürzungen im Budget von Bildung und Kultur, sowie einer gefühlten Degradierung der Arbeitsbedingungen zu tun hat.

Aber…

Jemand hat noch ein Wort mitzusprühen

Graffiti? Gilets Jaunes? – Okay

Aber hier? – Falsche Adresse

TPK, unter anderem bekannt als The Poor Kids – eine der berüchtigsten Graffiti-Crews der französischen Hauptstadt, waren nicht so ganz einverstanden mit Black Lines. Die Crewmitglieder: Relax, Craze, Eby, Keas, Blod, eyome, Knyze, dkc zeigten das wenige Tage später nach der Veranstaltung. Die Hall of Fame an der rue Ordener ist dafür bekannt, den alteingessessen Sprüher-crews zu gehören. Greenhorns und Fremde sind unerwünscht. Auch wenn die Graffiti-Szene der Gilets-Jaunes Bewegung im Nahe steht, da die unvorhersehbare Menschenmenge den Sprühern Deckung gibt. Und auch wenn die Stadt für sie samstäglich zum Spielplatz wird, so sind die Wände an der rue Ordener von hoher Bedeutung für die eingessenen Crews. Thematisch passend wird dabei im ersten Bild in gelb und nachlässigem Buchstabenstil über das Werk gesprüht. Die verschonte Botschaft besagt: “Die Revolution ist die Offenbarung am Horizont”.

Auf dem zweiten Bild ist die Aussage des Künstlers Adam Yuul ebenfalls erspart geblieben. In roter Schrift warnt er vor drei Epidemien: Castagnitis, Rugyole und Penicose. Die erste ist auf Christophe Castagner, seines Zeichens Innenminister und Parteivorsitzender der LREM bezogen, während mit Francois de Rugy der Umweltminister und Muriel Pénicaud die Arbeitsministerin bezeichnet werden. Im Zusammenhang mit den Forderungen: Inneres – man denke an die Polizeigewalt und provisorischen Gewahrsame sowie Überwachung. Ökologie – welche Macron in seinem Wahlprogramm bewarb, ohne Erfolge vorzuweisen. Arbeit – eines der Grundmotive für die Entstehung der Gilets Jaunes ist die sinkende Kaufkraft in Verbindung mit den Löhnen und den großen strukturellen Unterschieden im Land. Die Freske kann dabei als Kritik an der neoliberalen Wirtschaftsausrichtung der regierenden Partei verstanden werden, weswegen der Künstler abschließend warnt, nicht ohne die gelbe Weste aus dem Haus zu gehen.

Der Artikel ist in Französisch und Englisch verfügbar. Bildmaterial von Urbanauth. Anmerkung: Die Schriftzüge und Zitate auf den Wänden wurden frei übersetzt und an das Deutsche angepasst. Die Bildinterpretation ist nur eine von mehreren möglichen Betrachtungswinkeln.

Documentaire : Les destructeurs de la terre

Documentaire : Les destructeurs de la terre

Metteur en scène: Jean-Robert Viallet, 2019

Le film commence par un retour en arrière sur les débuts de la révolution industrielle et une classification de l’existence de l’humanité et de la révolution industrielle par rapport à l’âge de la Terre.

Au début, le passage du bois à la charbonnière est éclairé. De ce point de vue, ce changement était “respectueux de l’environnement”, car les forêts avaient perdu leurs populations d’arbres. Et les mines ont préservé les forêts. L’étape suivante illuminée dans le film a été le passage de la houille au pétrole brut, principalement produit aux États-Unis. Le résultat a été une véritable intoxication à l’huile. Surtout Rockefeller a énormément profité et contrôlé avec “Standard Oil” la quasi-totalité du marché du pétrole brut.

En Amérique, l’industrie automobile connaissait également un essor progressif : General Motors augmentait autrefois son propre marché de vente en achetant des opérateurs de tramways durement touchés par la crise économique de 1919. . L’objectif de ces opérations était de remplacer les tramways électriques par des bus et d’augmenter ainsi les ventes de ses propres produits. Les guerres mondiales ont également entraîné une augmentation rapide de la consommation de pétrole. Les chars d’assaut, qui ont servi de modèle pour la déforestation moderne et les machines agricoles, ont constitué une autre réalisation des guerres mondiales et ont ainsi ouvert la porte à de nouveaux préjudices à l’égard de la planète bleue.

Le documentaire traite également de l’agriculture moderne. En particulier le lessivage intensif du sol et la pollution chimique par les pesticides. Selon le film, l’homme aura rendu inhabitable 40 % de la surface de la terre d’ici 2100. Une réflexion s’impose rapidement.